jeudi, août 23, 2007

Lettre au professeur M.

Bonjour François,

Je sais que malgré ton emploi du temps très chargé dans ta mission d’évangélisation pokérienne, tu prendra une minute pour prodiguer un conseil au pauvre pécheur que je suis. Et le tout sans me renvoyer à ton école de poker à peine séchée de son liquide amniotique (ou a quelque livre au nom d’automobile que depuis longtemps tu aurais du m’offrir, lol).

Depuis quelques temps, en tournoi, j’ai le bonheur de monter rapidement (en moins d’une heure) des stacks conséquents (environ 3 à 4 fois la moyenne) et j’avoue que curieusement je n’arrive pas à gérer cette situation. J’ai tenté en vain plusieurs approches.

Approche 1
Jouer la « serrure » en me focalisant sur les premiums et sur la position. La, deux cas se présentent :
Soit on ne touche pas une bonne carte pendant des heures et on se retrouve avec un tapis moyen en demi-finale, moment où avoir un bon stack a de l’importance et où le tournoi se résume souvent en une succession de allin-call, entre coin-flip et autres gâteries pokeriennes.
Soit on trouve de bonnes cartes et on fait la chasse aux jetons qui traînent sachant qu’une fois sur deux on se prendra un all-in dans la tête car les types en face sont shorts (et généralement je perds une tonne car ils « chattent » tous avec des garbages poétiques, dernièrement K8, Q5 ou 10-3s…)
Approche 2
Continuer à imposer son jeu, en profitant des masses et de l’attraction, en jouant la position et un panel de mains élargit avec agressivité. Peu évident en live (en France en tout cas) avant la table finale car les joueurs craquent sous la pression ou par ego et souvent bien que dominateur avec une main moyenne comme AJ, on ne pèse pas lourd face à un 9-Q qui touche son 9 au turn…De plus très dangereux quand les joueurs se sentent oppressés par les blinds, ils ne cherchent plus a jouer, il balancent et attendent de voir ce qui tombe…
Approche 3
Fat call party. Tenter de voir un maximum de flop (il faut l’avouer les joueurs ont beaucoup de mal a lire autre chose que leur propre main en tournoi a faible buy-in (moins de 500)) pour se démarquer…Beaucoup d’inconvénients a cette approche, car on perds beaucoup de jetons sur les raises adverses preflop et le joueur français live se sent souvent obligé de caller si il y a deux entrants dans un coup pas cher même si il n’a rien (ils appellent ça la cote…pfff ils feraient mieux d’aller suivre un de tes cours pour savoir ce que c’est…) et donc des adversaires avec des mains difficilement identifiables et souvent rusés et rompus a cet exercice.…
Approche 4
Tilt because I’m the one. Commencer à faire n’importe quoi sous prétexte que l’on a un tapis énorme, tenter des bluffs que les types en faces sont incapables de comprendre car ils ne cherchent même pas à savoir ce que l’on a en main. Essayer de forcer le gars qui a la main gagnante en lui retournant le crâne par une attitude, une façon de miser, etc.…(mmmoui, c’est mon péché mignon…je confesse mon père….c’est encore meilleur que gagner un tournoi…aie, ok…je ferais 3 ‘Je vous salue Phill Helmutt’ et 2 ‘Notre Doyle’ en m’auto flagellant a coup de 82 offsuit)
Approche 5
On l’appelle également l’approche Issy-les-Mouls, technique datant de 2004, inventé par le défunt Monti et son collège La Burne (immigrés Marseillais) et remise à jour par Mr Dams le poulet et yoann-s, le fugitif. Elle consiste à ne jouer que des cartes imaginaires en priant très fort pour qu’elles tombent. (Ah….ces païens…). Exemple : Au cuttoff sur un coup déjà relancé à 5BB, caller avec K2 pour l’horreur et commencer a espérer quand le 2 tombe au flop…..Heu…nan….c’est une technique de table finale…oublions la
….
Bon, je dévie un peu du sujet pourtant très sérieux de ce courrier (plus j’écris plus je raconte n’importe quoi, un peu comme quand je joue). J’ai bien essayé de faire un mix des 3 premières approches, sans succès. En fait la meilleure option pour moi reste de perdre une bonne partie de mes chips afin d’être autour de la moyenne pour jouer avec la pression, ce qui est, disons le sans détours, stupide. Quelle est la bonne attitude a avoir dans cette situation sachant qu’il reste un long chemin a parcourir, et que rien ne semble fonctionner par la suite. Surtout quand le tournoi devient une succession de coin-flip, deux de suite perdus et game over. Et surtout sachant que les précieux conseils de Action Dan (Harrington) ne fonctionnent pas en live small buy-in à cause des structures de bouchers (pfff, il me font rire avec leur M de 4 les chip-leaders, ils sont laaaaarges, lol)…

Réponds moi vite, je viens de caller deux all-in de suite avec KQ en premier de parole sur une table fullring sur un coup déjà relancé par le gars à ma gauche…je cherche a perdre mes jetons….

6 Comments:

At 20:52, Anonymous Anonyme said...

il craque le pat, il craque...

je sais pas, ne joue que des 1000€ buy in peut etre..

le poolet (en mode billard)

 
At 03:37, Anonymous Anonyme said...

one of the key point in mtt is to get enough chips to suckout shortstacks.....

 
At 10:34, Blogger legiorgio said...

Le coup d'y aller avec K2 c'est pas mal, mais essaie plutot J2, y'a trop souvent des fish qui viennent avec des AK et qui te suckout ;-)

 
At 13:00, Anonymous Anonyme said...

Bon, tu as demandé le le "Professeur M" ? Alors il te répond.

Il y a une chose que tu oublies, mon bon Dioscure. C'est que tu es malchanceux. Souviens-toi de ce coup, aux débuts des tournois mensuels ClubPoker à l'ACF. Je migre à ta table, et à peine installé je te vois petit tapis. Tu attaques all-in sur le flop A-3-x, x étant quelconque. Le gros tapis te paie. Tu abas 3-3 et il abat... A-A. No comment. J'ai eu mal pour toi ce jour-là car tu méritais mieux, c'est vrai.

Bon en gros, rappelons ton problème : tu montes les jetons rapidement, puis tu t'exploses à peu près aussi rapidement.

Question : pourquoi, une fois au sommet de la montagne, essaies-tu d'aller plus haut ? Tu ne sais donc pas qu'au-delà du sommet il y a le vide ? qu'à moins d'un courant ascendant d'une force exceptionnelle, tu vas te ramasser quelques kilomètres plus bas ?

Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt. Alors quand Dioscure arrive au sommet de la montagne, il doit rester au sommet de la montagne. Et pour ce faire, il ne doit plus essayer de monter.

J'en vois dans les rangs qui ricanent. Que celui qui n'a jamais eu le souci de Dioscure me jette la première bulle. En fait, beaucoup de joueurs en souffrent. A ce stade de chip-leader ou quasi, d'après moi,tu dois faire 3 choses :

- serrer le jeu, à l'affût de la bonne occaz qui va te donner un affrontement d'au moins 65% contre un petit tapis

- sur les coups non relancés, entrer avec n'importe quoi avec l'idée de jeter au flop s'il est menaçant (façon Hansen ou Negreanu)

- surtout ne pas t'empaler avec des mains à la con comme K-Q ou A-J : relance préflop pourquoi pas, mais retrait immédiat au flop au premier signe de riposte sérieuse, saut à la mer avec vivres et bateau auto-gonflable... bref, jette tes cartes !

En fait, c'est peut-êre cela qui te manque : savoir jeter tes cartes. Tu es un bon joueur (je te connais un peu, quand même), tu es capable de moduler ton jeu en cours de tournoi en fonction du tapis, de la position, de la personnalité adverses.

Maintenant, le truc du jour pour tous ceux qui lisent ces lignes. Pensez au TEMPO. Le poker est un des rares jeux où on a le temps de réfléchir. Prenez ce temps. N'oubliez pas que quand quelqu'un ouvre, vous avez non pas 3 possibilités mais 4 : passer, suivre, relancer et tapis. A vous de voir... ou de refuser de voir.

 
At 18:21, Blogger dioscure said...

oui...je me souviens de ce coup, c'etait contre XaxierXXL, difficile à oublier...

Merci pour la reponse, je vais y reflechir

 
At 17:23, Anonymous Antoine said...

C'est sympa les consultation en ligne.

C'est remboursé par la sécu ?

 

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