Un week-end a Prague, part II: Obama poker
This is our chance to answer that call
This is our moment […]
We breathe, we hope, and where we are met with cynicism, and doubt, and those who tell us that we can't, we will respond with that timeless creed that sums up the spirit of dioscure:
Yes We Can
Barack Obama, 5 novembre 2008, acceptance speech (dioscure remix)Nous descendons le petit escalier menant à la poker room du Praha Casino et découvrons que 2 places nous attendent au cashgame. La magie du lieu fait que le room-manager est également de la partie et se lève pour me laisser sa place, nous sommes donc tous assis. Les joueurs se cavent assez deep et je remarque leurs regards narquois quand on se cave tous les trois au min pour entrer dans la partie (trois fishs ont débarqués?).
Je fous un peu le bordel en demandant aux types de me s’écarter un peu pour que je puisse m’asseoir à droite du maniaque du tournoi de la veille (hehehe comme on se retrouve). En plus ils étaient entrain de bouffer un sceau bien garni en chair panée de chez KFC, pas très sympa pour notre acolyte le poulet…
Premier constat, je suis totalement rouillé en cashgame de holdem, je ne joue qu’au omaha depuis deux ans a part mes excursions à Vegas ou autres, et je suis toujours perplexe face aux relances prefolp très hautes vis-à-vis des blinds en early position ou la relance systématique du bouton suivi d’un call systématique parce que le gars était justement de bouton. Mais une chose est sure, la table n’as pas le niveau, pas besoin d’être extralucide pour s’en rendre compte, si techniquement je suis passable eux sont nuls et au niveau lecture j’ai deux trois ligue d’écart, la décision est simple : y’a pas moyen que je perde a cette table et ce avec any two cards!
…and that is the challenge
we must rise to in the days to come.
It is time to act.
Barack Obama, 22 novembre 2008Tour de table
Un blondinet est assez actif à la droite du croupier, il raise systématiquement la quasi-totalité des coups pour se donner une attitude de deglingo et quand il est suivi, réfléchit longuement avant de prendre une décision.
A sa droite, le poulet ne sert à rien. A la droite du poulet on a un type insignifiant qui ne ressemble à rien. Puis on trouve lasticot, qui joue un coup à chaque rotation de la terre et il y a une chance sur une pour qu’il ai les As sur le coup.
A sa droite nous trouvons un jeune gars qui va vite renter chez sa mère quand je vais m’occuper de son cas (et être remplacé par le floor manager, mais nous y reviendrons…)
Ensuite le type qui s’empiffrait d’ailerons panés joue un peu au scandinave preflop mais semble peu à l’aise financièrement et est forcement très frileux si il est relancé et ce même si il a le jeu max.
Suivi par le maniaque, par moi-même et à la gauche du croupier le meilleur joueur de la table, appelons le Bob l’Eponge (car il nettoie tout ce qui dépasse).
La partie est active, mais ressemble pas mal a un match de ping-pong entre le blondinet deglingo et le faux scandinave, le maniaque faisant office de balle…
He mais moi aussi je veux le frapper, laissez moi-en un peu !!! Allllllez quoi, j’veux jouer avec la balle !!!!
Je décide donc de suivre la fameuse (hum…) phrase de 2bal 2neg dans une de leur chanson,
‘Il faut battre le fer quand il est chaud et il faut battre le frère quand il est faux’ et de châtier le faux scandinave en l’attaquant comme une furie avec mon 7-2, le forçant a se coucher au flop, je montre, le maniaque a cote de moi hurle, opération make-him-tilt en route.
L’opération make-him-tilt atteint son paroxysme quand je chatte un énorme pot multiway en flush backdoor face au deglingo qui avait brelan flopé (mal joué, j’aurais couché mais il a essayé de m’attraper, pfff) et au jeune (qui rentre faire ses devoirs) qui avait la quinte au turn, hum…si en plus je me mets à chatter je vais faire un ravage…
Je commence à chauffer un peu les débats en faisant des sur-relances sur les attaques du deglingo, c’est assez nouveau pour lui et il n’est pas rare de le voir abandonner post flop tandis que le maniaque s’empale sur sa très mauvaise lecture de mes mains. En clair, quand je n’avais rien il se couchait et quand j’étais armé il callait ou me relançait, un rêve éveillé. Malheureusement la parfaite partition s’enraille un peu quand le faux scandinave me défonce sur full contre full (moi je l’avais flopé, lui au turn… j’ai pas mal, ça picote, ça picote fort mais ça picottttttttt…ok j’avoue j’ai pas aimé), et je recave, tout est a recommencer.
It's about the rising unease and frustration
We have faced difficult times before, times when our economic destiny seemed to be slipping out of our hands.
We need action and action NOW
Barack Obama, 6 decembre 2008
Le maniaque se recave tous les deux coups, le scandinave empile et le deglingo fait le yoyo, moi je ne récolte pas les fruits de mon jeu et suis stable tandis que lasticot a perdu 20€ et est clairement décidé a passer la nuit la si il le faut pour les récupérer (un vrai roumain !).
Je perds un peu patience, et craque sur un coup ou je veux faire coucher le gars qui ressemble a rien avec rien mais il me call avec…rien et me bat à la high card…hum, rebuy !
Ok, maintenant je suis vraiment en pétard, j’ai perdu contre le type le plus insignifiant de la table, et il va donner mes jetons aux les autres (a peine le temps de me faire cette réflexion introspective qu’il se lève après avoir tout donné a Bob l’éponge…ha le petit enfoiré).
Le fake norvégien se déconcentre totalement de la partie en allumant son PC portable pour jouer sur Pokerstars en même temps (mais il se fout de moi lui !!!) et commence a ne plus avoir toute sa tête , il donne mes ex jetons au maniaque (pas grave) tout en se faisait exploser sur le net. D’ailleurs lasticot, toujours clairvoyant, me faisait des gros yeux du genre « alala il joue grave bien sur la NL1000 mais il n’a pas de chance », bon, il est évident que le type faisait un Sit&Go mais voir Chris s’émerveiller comme un gamin à la vue de la souris déambulant sans bruit sur le green virtuel était un moment d’une poésie rare, c’est bô la crédulité naïve d’un enfant qui croit encore au père Noël à près de 34ans. Quel choc, quand il se déconnecta, bust out de son tournoi de bizut a 5$ qui lui avait coûté 300€ à la table de cash en réel, lasticot versa une larme de complaisance et ramassa un pot de 30€ avec les Rois (ah juste en dessous de la main minimum…il avait joué laaaarge sur ce coup le Chris)
Je décide de passer la vitesse supérieure, en mode incouchable preflop, deglingo post-flop, chattard river et en 30mn atomise la table…rasage, le fake nordique abandonne, le deglingo dépose les armes et part avec son investissement du jour avant de laisser ses plumes, le maniaque est à -20 caves…faut dire que je leur ai tout fait : blocking bet en pagaille, 3bet light, bluff all in au turn, montrage de 7-2 après re-re-re-raise face au maniaque qui muck à la river (lol), slowplay des monstres puis raise min en cas d’attaque extérieure… Le poulet lance a nouveau la blague de la veille : You know him, it’s Baraaaaaaaaaack, Yes he can
La table rit jaune. Le maniaque prends 10 caves d’un coup et le manager s’assoit, la partie va changer.
That is the spirit, that has always sustained us, that belief that our destiny is not written for us, but by us; that our success is not a matter of chance, but of our own courage and determination.
Our resources may be finite, but our will is infinite. And I am confident that […] we will meet the challenges of our time and write the next great chapter in our story.
Barack Obama, 10 Janvier 2009
Ok, la partie deviens une chasse au Obama poker. Le floor est un bon joueur, agressif, bonne lecture, technique correcte, il profite du levier du maniaque qui raise très souvent histoire de remonter ses pertes et surtout fait contre poids à Bob et moi-même. Je commence a rater certains coups car je n’arrive pas à le lire correctement, ma pile de jeton s’érode beaucoup. Je perds un gros pot contre le floor à cause du poulet (je ne voulais pas le déstacker et j’abandonne mon tirage car je le pensait loin devant dans notre 3ways…mais c’est un boulet).
Le stack du floor grossit encore quand il démonte façon puzzle le maniaque en callant un truc de ouf sur la river…il me couvre alors du double. Ca deviens dangereux cette histoire. Et bien sur au cœur de la tempête, le coup de la soirée arrive…
Je suis en middle avec 6-5off et limpe le 3BB de Bob, le maniaque juste après moi relance à 8BB, le floor call, Bob call, je call.
Flop : A-5-6
Bob attaque à environ 1/3 du pot, je réfléchit un moment et call, le maniaque fait la gueule, se tourne dans tous les sens (un vrai sketch ce gars !) et call, le floor raise d’un peu plus du triple.
Bob fold. Je call pour laisser le maniaque entrer mais à ma grande surprise il pousse le tout au milieu alors que je suis persuadé qu’il n’a rien. Le floor complète, moi aussi
Turn : 9
Je lance 1BB et tout le monde rigole. Sauf le floor qui se gratte franchement la tête en se demandant si j’ai touché ma quinte. Il reste planté dans ses pensées pendant un moment qui me semble être une éternité et annonce all-in. Ah, le con ! Quel bet de débile je viens de faire !
Bah, c’est trop tard, si je gagne le coup je rase a nouveau la table…Allez, j’annonce ‘Obama Poker, Yes I can’ et call.
River : 6….rasage de la table, le floor avait 5-5 et le maniaque AK…
J’ai chatté, lol
So it has been.
Barack Obama, 20 Janvier 2009, Investiture speech
J’ai envie de partir sous ce coup victorieux mais mes compagnons ressortent un vieux couplet née à Vegas deux ans avant quand ils ne voulaient pas se lever de leur table de limit 1-2:
Arrête de chatter et assied toi…
Pfff, si on ne peux même plus kiffer tranquille…
La soirée se termine vers 5h, quand lasticot touche enfin de nouveau les As et gagne un pot de 40€, tandis que le poulet est encore sans plumes. On se ballade encore dans la ville jusqu'à l’hôtel, l’air est frais mais nous avons le sourire. Je chambre un peu lasticot sur son style de jeu de fou (alors que franchement il a le niveau pour écraser une table si il veux il joue comme une pucelle le soir de ses noces), et nous dormons enfin.
Réveil tranquille à l’aube vers 11h, check out, ptit dej au centre commercial en regardant un match désastreux de Première League (Blackburn-West Ham, je crois), complément de p’tit dej’ à base de ‘butter chicken + cheese nan’ à l’indien d’a coté…et avion back home.
Un petit week-end a refaire :)
Un week-end a Prague, part I: A course in happiness
Just take up a course in happiness
Take up a course to clear out your mind
You will show yourself how to smile
Take up a course in happiness…
Stevie Wonder (1971)
Ce second jeudi soir de 2009, nous avons donc suivis les conseils du poète soul et sommes partis (lasticot, le poulet et moi) à la recherche d’un souffle de fraîcheur sur nos vies. Bien sur, rien n’est simple et donc Chris fut en retard a cause d’un soi-disant problème de train et stressé au maximum avant d’embarquer, bien sur Damien avait déjà la tête d’un gars qui n’avait pas dormi depuis 3 jours (et ça n’ira pas en s’arrangeant), et bien sur la nuit était glacée sur Prague, mais, a peine arrivé sur Old Time Square tout était déjà oublié; la vue de la ville avait comme effacé tout ce qui nous hantait, ce long week end allait pouvoir commencer.
Notre première nuit était une introduction à la ville et si vous etes un fidèle de ce blog vous savez via mon post de janvier 08 que je porte une affection, toute particulière a un lieu de débauche local nommé le Radost FX et sa fameuse soirée bounce du jeudi soir. Et alors que les basses faisait vibrer les verres des jeunes ingénues nous entourant et que Chris se faisait sponsor de tournées de tequilas frappées (100 couronnes les 3 !!) je chantonnais intérieurement un air de Christopher Williams sorti de la bande originale de New Jack City, Don’t break me I’m dreaming. A l’heure où les vrais gens partaient travailler on rentrait se coucher (non sans avoir indiqué 20 fois la bonne route à lasticot qui partait toujours dans le sens opposé)
Au petit matin, vers 13h, alors que mes acolytes dormaient encore, je pris la foooole décision d’aller voir mes collègues locaux, histoire de faire une réunion surprise ‘état qualitatif de la situation a n+1’ d’une heure qui en fait dura jusqu'à la tombée de la nuit. Je passais au Hilton Casino pour le calendrier des tournois, puis rejoignais les deux touristes et leur indiquait un de mes restaurants favoris (même si une fois de plus, lasticot voulait toujours s’arrêter dans des restaux à deux balles le long de la route). Le tournoi du Hilton nous paraissait un peu long a gagner pour aller se déhancher dans les temps, donc nous partîmes au Praha Casino (l’annexe du Banco, voir précédent post sur Prague) pour le Friday tournement.
Un ptit tournoi à cheap rebuy pendant une heure (paliers de 20mn), dans mon encéphale résonnait la voix d’Alice Russell entonnant ‘I got the hunger’!
Je décidais de me créer une image de psychopathe (lire psy –co-pat), en collant des 4bets avec 7-5 (à la parisienne quoi…), en raisant utg à 20BB avec K-2 puis quand un type voulu vérifier ma main j’avais obviously KK face à sa pocket Q…La fille a ma gauche devenait hystérique et m’énervait vraiment, a tout le temps regarder mon stack quand je misais ou gueuler quand je mettais des jetons partout en raisant par poignée de jetons pris dans mes piles (Remi Biechel style, dédicace), et je guettais le moment de lui faire mal (non pas par machisme mais juste parce qu’elle voulait m’empêcher de prendre mon kiff en râlant a chacune de mes actions). Pendant un tour, je raisais en aveugle toute les mains ou elle entrait en prenant exactement le montant de son stack, mais elle se couchait systématiquement. Le moment arriva, elle relança (j’avais remarqué qu’elle limpait toute les mains avec un as faible et raisait toute les face card), je call donc avec un bô 8-6 en main et quand sur le baby flop elle envoie la boite et je call encore pour voir son AK face à ma paire de 8 splittée…l’italien a cote de lasticot est plié de rire, et Chris rajoute dans son plus bel anglais ‘Crazzzy Pat’. Ok, a moi l’italien maintenant…il relance systématiquement ses As-x donc j’attends le bon spot, je call son 3BB utg avec 6-7 et le flop tombe 4-5-8. Il nous balance un continuation bet à hauteur du pot et je double sa relance et lui demandant de folder car il a déjà dépensé trop de jetons sur ce coup avec son A-8, il me regarde pour essayer de me lire mais je lui fait des grimaces tout le mimant entrain de mucker sa main…il muck en me montrant A-8, et par décence je lui montre mon jeu max, Chris me fait ma pub ‘Yes he can, Obama poker !’….bon, la fin de rebuy se montre enfin, et c’est le poulet à la table a cote qui a le plus de jetons de nous 3, le chip leader est le jeune tchèque a capuche à ma droite qui a fait un château avec ses jetons, va falloir l’éviter lui…
La pause nous permets de sympathiser avec l’italien en Erasmus, qui nous donne des plans sorties en banlieue, loin des lumières touristiques de la ville…mais ce sera pour un prochain voyage.
Le tournoi reprend. Chris me casse un peu mon plaisir de la soirée en shootant la fille avec une magnifique quinte runner-runner, mais j’ai pu quand même avoir le plaisir de la voir se lever en titubant, le visage rubicond de rage, heurtant les sièges comme une boule de flipper…
Je shoote deux gars qui n’avaient rien a faire la, et c’est la finale. Nous sommes tous les trois en finale, lasticot est short, le poulet dans la moyenne, et moi je dois être 3eme en chips.
Le jeu change un peu, le jeune a capuche rentre en mode ultra serrure tandis qu’un maniaque raise presque tous les coups…je décide de voir comment se passe le premier tour (comme d’hab’) avant de décider de la stratégie a mettre en place. Un tchèque tilte complètement suite a un bad beat face a un anglais a demi demeuré et fait une succession de allin blind, résultat des courses la table s’enflamme un peu pour rien, les petits tapis doublent, les gros se font raboter. Le type en tilt finit par sauter, l’anglais aussi, le poulet s’empale sur sa relance preflop qui le mets commited avec sa medium pocket paire et le renvoie a l’écriture de son prochain film (Chiken run 3). Chris double up en étant max de chez max draw max redraw max (mais que foutait le gars en face dans ce coup ?) et je shoote l’italien (Ben oui, il n’a pas été foutu de me lire correctement une seule fois dans ce tournoi…ça coûte cher à la longue).
Plus que cinq, capuche boy, le maniaque, le gars à ma gauche (appelons le toto), lasticot à ma droite et moi. Il n’y a pas photo, 3 tchèques contre deux frenchies, c’est la guerre. Il commencent à parler, le croupier les reprends, le maniaque demande a capuche boy si il peut me caller, etc. Bon, j’avertis le Chris que ça va fighter mais je remarque qu’il avait déjà mis son bandeau rouge à la Rambo, et what a fuck, lasticot is on the zone ! A peine le temps de m’émerveiller face a son jeu que déjà le chip leader c’est toto, capuche est out, puis je défonce le maniaque sur une des ses seules erreurs. 3, on voit le bout. Chris décide de me caller sur un 3bet bizarre et je le shoote (quel bourrico !). Toto décide de flasher le dernier coup et mon 6-4 me donne un paire de 6 victorieuse (lol). Who's you daddy now ? dioscure in in da house !
On fini la soirée dans une boite de nuit lamentable, sur quatre étages tout collants au sol entourés de jouvencelles en minijupes et de lascars locaux a casquette Nike dansants sur du 50cents. Je cherche le poulet du regard pour partir, et j’ai une horrible vision : il est la, assis sur un banc, le corps recroquevillé, un bras dans le dos, l’autre sur son sternum, l’œil vide de toute vie, son visage est si blanc qu’il en est quasiment phosphorescent, un filet de bave a séché sur son menton, sa langue pâteuse se délie avec lenteur et me murmure : j’en peux plus, j’suis mort
Au petit matin, vers 15h, nous prenons un royal petit déjeuner à la crêperie du centre commercial Palladium. Et je subit deux heures de shopping des deux bons à rien qui veulent faire les soldes (argghhhhh) puis c’est le drame…Dams veux aller visiter le musée du communisme, on se sépare…
Nous nous retrouvons le soir au Hilton pour s’inscrire au tournoi de 21h, il est 19h et le tournoi est déjà complet ! Décidément, le sort ne souhaite pas me voir gambler en ce lieu (et ça en trois passages à Prague en 1 an). Je prends les choses en main et nous finissons au restaurant argentin pour un repas gargantuesque a chanter du Besame, besame mucho, como si fuera la ultima vez...
Nous tentons quelques casinos au alentours de la place Wencemachintruc mais rien ne nous tente. Nous échouons donc au Praha Casino, pour jeter quelques cavettes avant d’aller à la boite le Mecca par la suite….mais bien sur, comme lors de notre voyage a Vegas, quand mes compagnons sont a une table de poker, nous y passons la nuit
To be continued: Un week-end a Prague, part II: Obama poker
Un poker en Afrique
J’arrive a Dakar à 20h15, mon collègue N’Dy devant me retrouver dans le hall pour me conduire à mon hôtel. Bien sur, j’ai un doute sur ma capacité à le reconnaître, ne l’ayant vu que deux fois l’année précédente et quand un type assez imposant vient droit sur moi avec un grand sourire je crois que je mon souvenir me joue des tours et que c’est lui…mais en fait, non, c’est un type qui veux me vendre des cartes SIM pas cher. Je me faufile entre les chacals à la recherche du touriste de base et décide d’attendre au niveau des taxis. Je plaisante avec deux gamins qui veulent ma montre quand un type tout maigre m’interpelle par mon prénom, là ma mémoire me joue vraiment des tours c’est qui ce gars ? Je le suis jusqu'à une Audi blanche où N’Dy en Djellaba blanche et lunettes de soleil (il fait nuit) m’attends coffre ouvert, et oui, c’est bien le gaillard imposant de ma mémoire.
Son cousin (le maigre) et lui me conduisent à mon hôtel, puis :
- Tu as faim ?
- Non, pas vraiment mais afin d’éviter que je me réveille en pleine nuit avec une fringale, on peut aller grignoter léger
- Ok, va aller au casino
- Au casino ? ben voyons, bien sur…
Chemin faisant, je repère la route (et la distance) vers le lieu de gamble local et une fois la voiture garée (mais pourquoi tu transpires autant pour faire ton créneau ? bah, ils ont oublié de me monter la direction assistée…lol) nous entrons face à un énorme bandeau publicitaire : la plus grande salle de poker d’Afrique.
- Sans déconner…c’est un piège ou quoi ? Qui t’a dit de m’amener là ?
- ??? De quoi tu parles
- Allez sort la caméra cachée…ça fait une heure que je suis la et je suis déjà en face de la pokerroom
- Pokerrooquoi ?
Bon, nous mangeons, nous flânons au rez de chaussé du casino entre les quelques machines à sous et partons.
Il est 23h30 et je me retrouve seul dans ma chambre. La TV est désespérante d’ennui, l’épisode de Sarah Connor’s Chroniques sur mon PC sent le réchauffé (mais qu’est ce qu’ils ont tous les scénaristes ricains avec les références au Magicien d’Oz…on dirait que c’est le seul bouquin de leur littérature…même dans le dernier épisode de The Shield ils le refourguent…bref, c’était un petit coup de gueule sur la culture US inexistante au point que pour se faire comprendre les auteurs utilisent toujours le même truc métaphorique a deux balles)…Je craque et dans ces cas là, seul le cliquetis des jetons me berce. Je descends la rue, tourne a gauche, à droite, tout droit puis à gauche et me voila au Casino du Port.
Je montre au premier étage, et ouvre la porte de la pokeroom, 3 tables sont en activité. Le floor manager m’approche (sa tête me dit quelque chose) et m’explique les us et coutumes. La table 1, c’est la finale d’un tournoi débuté à 21h. La table 3 c’est un cash game dealer choice à 5000Frs CFA la cave et la table 4 c’est un Sit&Go privé entre militaires. Je tourne un peu autour des tables pour voir comment ça se passe.
Première chose, aucun noir ne joue, ils sont croupiers. Deuxième chose, il y a 90% de libanais. Troisième chose, ils se connaissent tous. Quatrième chose, ils ne sont pas très éduqués pokeristiquement parlant mais ont compris le concept d’agressivité (Comme dit B. Fitoussi: au poker celui qui gagne c’est celui qui attaque…ok mais dioscure rajoute: et aussi celui qui chatte le plus)
Je change 3 caves à la caisse et pose 5k sur la dealer choice.
Premier coup Omaha 5 :
Je suis UTG avec KK558, je limp, le bouton pot-raise, je call pour un 4ways.
Flop : 679
Check, je pot en mode « bah, quoi j’suis max avec la quinte min »
Call, call et call
Turn :5
Check, je pot-all in en mode « bah, quoi j’suis superconfiant couchez vous »
Call, call et call
River : 6
Pot de la femme au BB
Call, call
Je pense être dernier de la classe mais elle montre un brelan de 6 avec un As et les autres se couchent…heu…moi j’ai full min mais personne n’a quinte et tout le monde call mais qu’est ce qui se passe ??? on joue a 5 cartes les gars !!!!
Bon, premier coup et je me retrouve deep pour jouer, cool. La femme lance un Courchevel Hi-Lo.
Je suis de BB avec A4699, une bonne main pour se faire défoncer donc j’attends la relance pour folder mais tous le monde limp pour un family pot. Je catch un bon flop (2-7-8) qui m’ouvre pas mal de tirages mais que des tirages seconds donc je check. Le UTG pot et tout le monde call…j’hésite puis me laisse emporter par la vague et call aussi (bah, c’est mal joué, je sais)…turn :9, une vraie mauvaise carte pour moi car elle ouvre une tonne de quinte et n’améliore pas mon bas, allin du BB, fold partout. Je pense que le type a A-3 depuis le début mais en fait vu comme il a joué le premier coup il peut bien avoir brelan de 2 sur ce coup et attaquer en deglingo…Si je call c’est vraiment un call de pigeon avec second bas, brelan max, tirage quinte min sur un coup, au mieux je partage…bah, j’suis au casino du port, call…river :A…le type montre sa main : AA245….et prend tout…j’hallucine, jusqu'à la river j’étais large devant…et ce avec une main de merde
Ok, je prends le bouton un coup plus tard et la je pouffe de rire. Ils ont les boutons classiques de variantes exotiques à 5 cartes mais en plus ils ont un bouton ‘Flash’ et ça c’est vraiment énorme, j’imagine a Wagram lors de la grande époque de la 30€ dealer avec Yoann…on aurait joué qu’a ça, :)
Bon, je ne vais pas craquer même si je suis tenté pour voir, je dépose mes 2 caves de la poche en plus sur le tapis et annonce Seven Hi-Lo. A ma surprise personne ne dit rien, y’a même un gars qui dit ‘bonne idée je vais en faire un moi aussi’, c’est assez rare en cercle donc a souligner. Bref, je reçois une bombe de départ 888, un type pot en middle avec un A ouvert, ça call, je re-pot pour écarter mais call call et call. Je reçois un 7 et ça va allin a ma gauche avec KQ en open, callé par le type qui avait poté en middle, allin de la femme à ma droite, je pot pour finir le coup, et on est 4 allin. Le type avec KQ me couvrait.
Je finit avec 88876Q2…le type avec KQ fini KQKQ99Q…il touche la dernière Q à la 7eme tandis que la femme avait fait flush en 5 cartes (j’étais déjà battu mais je prenais l’extérieur) et que le type en middle fait un Lo au 7 à la 6eme….écartelé
Ok, ils m’ont rasé en 4 coups…mais tout comme le héros de ‘Pour quelques dollars de plus’, je vais revenir pour le second et dernier round.
Le lendemain, les yeux tout collés je me retrouvais donc au siège local, où le responsable IT a un bureau de fooolie (une chaise dans le couloir face à la baie de brassage.. bah, moi quand j’ai commencé, j’en avait même pas de chaise, je la partageais avec mon boss, lol, c’est peut être pour ça que même maintenant je ne suis jamais sur ma chaise et que je veux toujours celle de l’autre, a méditer). Bref, juste avant que le soleil ne se couche, N’Dy m’a accompagné à mon hôtel, et je suis parti me balader dans les rues de Dakar ou en fait j’ai découvert que j’avais pleins de frères (tous les 3m) et qu’ils étaient tous vendeurs de quelque chose. Y’en a même un qui a voulu me faire une arnaque vieille comme le monde (mais franchement il m’a pris pour un touriste allemand ou quoi ?), genre il vient d’avoir des jumeaux dont c’est la fête demain et il doit m’offrir quelque chose pour leur bon karma (il me donne un collier à perle) et bien sur à la fin de la discussion, il faut lui donner de l’argent pour chaque enfant pour le retour du bon karma, lol…
Rentré à l’hôtel, N’Dy m’annonce que sa voiture n’est pas réparée, qu’il vient de s’endormir devant la TV, bref que je vais bouffer tout seul le soir. Ok, it’s poker night baby !!!
Je m’empifre dans le restaurant de l’hôtel et I’am back to Casino du Port pour le tournoi de 21h.
Le tournoi est un peu cher pour le lieu, c’est un 150€ + 1rebuy ou add-on, mais le prizepool n’est pas inintéressant. Nous somme donc 3 tables et franchement c’est du grand Wagram de l’époque. Exemple : Allin in du gars qui a rien tirage rien, réflexion puis call du gars avec bottom pair, reraise allin du gars qui a 3betté preflop AK et qui est saoulé de voir 2 gars à tapis avant lui et finalement un As de l’espace à la river qui le fait gagner. Et non content il annonce: "Ah, ce flop c’était un bad-beat, y’avait même pas d’As…mais je suis favori quand même au flop car je peux le toucher" et l’autre qui répond "non, cela aurait été un bad-beat c’est si j’avais AQ"…Mais ai-je sombré dans une dimension parallèle ?? C’est quand même pas vrai ce que je viens d’entendre !!!
2 tables, je shoote le meilleur joueur du tournoi (un jeune assez LAG mais très bon, je pense qu’il doit raser souvent la bas) sur un coin flip. Et le même gars que tout à l’heure reprend son histoire de définition du bad-beat "Ah tu as de la chance avec ta paire de 9, franchement avec son AQ il est loin devant, c’est un vrai bad-beat", un autre réponds "non, la paire est devant à 55% mais le bad-beat c’était si il avait AK"….Je n’ai pas pu me retenir, je suis parti dans un fou rire et je m’en excuse auprès d’eux car ils ont cru que je chambrais.
Anyway, nous somme 14 quand je reçois KK de bouton, un type fait allin UTG, un autre qui me couvre call, un asiat très tight et shortstack aussi et un vieux LAG au cuttoff fait pareil.
Je les regarde et me dit que c’est le moment, je balance le tout au centre, le gars qui me couvre instacall, l’asiat rajoute le peu qui lui reste et le LAG call aussi.
33 pour le premier gars à tapis, K10 pour la callingstation, QJ pour l’asiat, KJ pour le vieux, y’a pas d’As, ils se bloquent les quintes…tout va bien…trois piques au flop et le K10 gagne tout…Le vieux avec KJ me gueule dessus en disant "Tu joue trop mal, fallait caller, après on checkait tous pour le sortir, c’est la règle ! Maintenant on est tous dehors avec tes conneries, faut jouer la règle !!". Bon, je suis encore plus mort de rire et la franchement je l’énerve encore plus, il cherche du réconfort auprès de l’autre table "Putain, le jeune, la il débute, il fait tapis avec KK alors qu’on est tous dans le coup, il a même pas les As !!" Bref, je vais au toilettes pour qu’il ne me voit pas me bidonner à me pisser dessus.
Bon, c’est bien tout ça mais je suis perdant dans ce Casino fort sympathique donc je m’assied en cashgame. Je me trouve avec le jeune qui est bon, le type au K10 qui a tout dégueulé le temps que j’aille au pipi-room, sa mère (lol), sa tante (re-lol), et deux autres inconnus, un tight passif et un ultra LAG. La partie elle-même n’a pas trop d’intérêt, c’est du ping-pong entre le jeune bon et moi avec l’homme au K10 en balle (une main sur deux sa mère le recave), la tante qui demande a chaque tour si on ne veux pas faire que du Holdem, le ULAG qui pot puis muck tout les coups, et le tight qui ramasse les miettes. Par contre les discussions sont épiques :
‘Ah oui , Marrakech c’est bien !!! la table est active, c’est pas comme ici ça envoi du lourd’,
‘Les types y jouent trop avec leurs tête ici, c’est un jeu de cul bordel !!’
‘On a dealé le tournoi à 9, il était trop long' (heu…à ma montre il est 23h30 !!) ‘
'On devrait jouer à la maison, ici l’accueil est moyen avec leur histoire de prélèvement chaque heure’
‘Ton père on le voit plus, il joue ou maintenant ? sur Internet, c’est truqué, tous le monde sait ça, faut pas y aller’,
'He Simon, t’es la ! j’étais a ton restaurant ce soir, bien, comme toujours, faut que tu passe au magasin, Pot blind pour mon Simon’
Bref, je suis reparti perdant du tournoi et juste a jeu du cashgame mais je me suis bien marré. Je recommande ce casino aux joueurs de passage, c’est convivial, exotique et les joueurs sont difficiles a lire, durs dans leurs relances bref la partie est loin d’être facile mais comme on dit a Paris
‘si vous etes en forme’ vous aller raser.
Je me suis mis à marcher dans les rues sombres de Dakar, j’ai croisé les taxis qui proposent des dames de nuit, j’ai croisé les ouvriers qui travaillent à la fraîche, et sur la grande place j’ai croisé Ibrahim le plongeur du bar de l’angle qui voulait que je lui paye une pizza. Ibrahim, éphèbe en tenue de basketteur ricain, m’a fait office de guide dans les bars de Dakar, j’ai vu les militaires chasser le gazelle (ou le contraire), les filles qui défilent à la recherche d’un petit-déjeuner à l’hôtel et les hommes d’affaire qui profitent de la misère. Cette économie parallèle, ce monde dans lequel chacun s’exploite mutuellement m’a écœuré, j’étais en overdose de réalité (car dans mes nombreux voyages j’ai intégré le trafic humain lié à l’argent mais pas celui qui échange corps contre nourriture, cette dématérialisation en billet de la misère convient mieux à ma morale, la c’était trop concret). Alors j’ai pris congé de mon guide, lui ai donné de l’argent pour une semaine de pizza et me suit enfoncé dans la rue vers le lampadaire tel le Lonesome Cowboy dans Lucky Luke vers le soleil, promesse d’une nouvelle aube.

Le lendemain, nous avons bouclé le planning dans les temps avec mes collègues locaux, et la nuit j’ai découvert Dakar avec N’Dy, une ville pleine de vie, des gens qui sourient et qui dansent. Au matin, nous avons pris le ferry pour Gorré avec un de ses potes (celui dont le nom est sacré, donc on l’appelle Jean pour éviter de dire son nom…très poétique je trouve). Et je me suis senti comme investi d’un patrimoine, j’ai compris un poème de Césaire qui m’avait laissé de marbre il y a bien longtemps, j’ai croisé un américain avec un Tee-shirt floqué de la tête d’Obama et quand il a vu mon regard fixé sur son poitrail, il m’a dit :
‘here is the past, it’s time to believe in tomorrow’. N’Dy et son pote sont allé se baigner, je suis resté attablé à la terrasse d’un bar, une Gazelle beer à la main, et j’ai écris comme je ne l’avais pas fait depuis longtemps (un jour peut être vous me lirez dans une FNAC, lol), quand j’ai arrêté d’écrire, l’avion s’était posé à Roissy.

Burn Notice, episode 4: Season Finale
Intro My name is Patrick Wild, I used to be a spy until...
We got a burn notice on you.
You're blacklisted.
When you're burned, you've got nothing.
No cash, no credit, no job history.
You're stuck in whatever city they decide to dump you in: Las Vegas
You do whatever work comes your way: Poker
You rely on anyone who's still talking to you.
Bottom line... Until you figure out who burned you, you're not going anywhere. Episode 4: Season One FinaleJe me retrouvais entrain de courir sur Industrial Road. L’arrière boutique de Vegas, cette parallèle au Strip ou les casinos sont remplacés par des bars à seins nus, des motels pour one-shot et autres bizness orientés. L’ombre de ma foulée semblait à la limite de l’essoufflement et quand finalement je me trouvais au croisement de Circus Circus Drive, mon poumon droit m’avait lâché. Je ramassais une pierre au sol et visait le lampadaire, l’ampoule explosa du premier coup, good beat, et je me cachais accroupi devant l’entrée d’un salon de massage. Se rendre invisible quand nécessaire est une compétence cruciale pour un espion. Ça a l'air attirant, magique&mystique, mais ce n'est pas comme si y'avait un truc secret qu'on enseigne à l'école des espions qui permet de s'évanouir dans les airs, faut juste se mettre derrière une poubelle et attendre sans bouger. Mais bon, il me fallait reprendre mes esprits, mon souffle, me remémorer le début de ces événements. Comment j’en était arrivé la ?
La veille j’avais confirmé mon statut de deadmoney au Caesar’s en étant le premier sortant du tournoi avec les bullets, puis j’avais enfin dormi. Frais et dispo, je m’étais réveillé au milieu de la nuit avec une faim de loup, enfin de…coyote.
Se réveiller à 23h à Vegas un samedi soir est plutôt une bonne idée, et la proximité du Coyote Ugly en est une autre. Chez les jeunes américaines de la cote ouest, une mode étrange est née ces dernières années et c’est érigée en prerequis des soirées estivales, le get drunk before midnight. Elles débarquent en groupe de 3, 4 ou 5 et se mettent minable avant d’aller en boite, et dans cette quête éthylique le bar du New York² est the place to be. Le son est rock, elles montent sur le bar remuant leur postérieur en rythme tandis qu’une serveuse au micro hurle le début de la débauche, un peu d’alcool à Zippo sur le bar et une allumette le fait s’enflammer, elles se balancent lascives et la foule acclame, une serveuse prend la tête d’un mateur entre ses jambes, lui ouvre la bouche et verse un pleine rasade de bière tandis qu’une autre trempe son tshirt déjà trop petit en gueulant ‘I’m too hot’…Bref, le lieu idéal pour un petit dej’ nocturne, je file un billet de 20$ au videur pour qu’il me laisse entrer sans faire la queue, mon Donnut à la main, un RBull fera office de café.
Je me marre avec un groupe de vietnamiens de Portland qui font le 3eme enterrement de vie de garçon de Xuan ce mois-ci (bref, il fêtent ça tous les week-ends, lol) et nous décidons d’aller faire un tour aux tables de Texas Holdem Bonus de l’Excalibur. Bien sur, on perd, et je les traîne aux vraies tables de poker.
L’espace d’un instant, j’avais tout oublié, la burn notice, Zeworm, le tournoi du Venitian. L’espace d’un instant j’étais juste un touriste à Vegas avec ses potes d’un soir. J’avais besoin de relâcher un peu la tension afin de pouvoir réfléchir à la suite, besoin de prendre un peu de recul.
Cette partie de poker à l’Excalibur restera dans les légendes de ce casino. La première raison est contextuelle, ce soir la était la dernière nuit d’existence de la pokeroom, le personnel était au chômage le lendemain, remplacés par des tables de poker électronique (une horreur !!), l’émotion était palpable, l’ambiance familiale, quasi intimiste. Rarement dans cette ville usine vous pouvez sentir ce coté humain, ces doigts tremblants de Paul le croupier de 57ans qui deale sa dernière main sous les applaudissements et ces les larmes de Debby, la Ganymède de la room. La seconde raison est mon groupe de vietnamiens déchaînés, offrant des tournées de tequila à la table tous les quart d’heure, soudoyant le floor pour faire boire les croupiers, chantant, riant, betant, raisant, bluffants, faisant dealer la river 2 ou 3 fois. Parfois il y avait plus sur les sidebets que dans les pots comme ce sidebet de 500$ misé à 3 contre 1 sur ma victoire au prochain coup par Marcelo (oui..je sais, un prénom bizarre pour un asiatique, mais il n’a pas choisi…). Et quand le jour c’est levé, que les tables allaient être bachées à jamais, les gagnants, dont je faisait parti, ont tous offerts leurs gains aux croupiers en tips.
Je rentrais prendre une douche d’environ une heure (ben ouais quoi, moi, c’est le seul endroit où j’arrive a réfléchir), afin de d’élaborer mon plan B en cas de non victoire au tournoi du Venitan. Il me restait 182$, je n’avais toujours aucune information sur la raison de ma burn notice, je ne savais toujours pas pourquoi cet objectif de victoire était important pour Zeworm, et ce Zeworm pour qui travaillait-il ?
Je courrais pour arriver à l’heure au tournoi sous le soleil de midi (sur le podium du top 10 de la liste des trucs a ne jamais faire à Vegas l’été, jamais!!) et c’est dégoulinant comme une serpillière ayant épongée du lait chaud que je m’attablai table 33 bien située sous la clim (sur le podium du top 10 de la liste des trucs qui donnent la crève en moins de 20s).
Le tournoi, as usual, faisait le plein, la lutte allait être rude. Mais le hasard pensais-je était de mon coté car à ma table je retrouvais 2 français au style typique des cercles parisiens, donc des types qui pensent toujours qu’on essaie de les bluffer (sur le podium du top 10 de la liste des trucs L.O.L de la pensée du pigeon en milieu ludo-urbain) . Je doublais rapidement car mon voisin de droite, m’avait callé avec hauteur Roi jusqu'à la river (p’tain j’aurais hurlé si il l’avait touché ce bourricot) puis doublais encore sur l’autre français qui lui avait essayé de me bluffer avec son As-3 sur board Q-10-3-Q-K (heu…si je te call avec 25% de mon stack au flop c’est que j’ai mieux qu’un 3 !). Bref, une fois de plus je me retrouvais aux portes de la finale, 11 joueurs restants.
Je relançais un coup comme tant d’autres avec AK quand un type me suivit de SB, le flop anodin montrait A-5-6 quand il se mit à tapis me donnant un bon mal de crâne. Alors quoi, si le gars a touché son set il ne va pas tenter de me coucher, il a une grosse paire l’As doit lui faire peur, si il a tirage quinte il va tenter d’avoir une carte gratuite ou beter pour me paralyser le coup si je n’ai pas l’As, si il a As-5 ou As-6 je peux comprendre le check raise allin ou le bet qui me commiterais. Allez, réfléchis, réfléchis, qu’est-ce que tu sais de ce gars, il n’a pas joué beaucoup de coups donc on peut considérer qu’il est serré ou éduqué, le truc c’est qu’on joue la bulle donc les types éduqués deviennent un peu tricky et font des moves bizarres en jouant sur la peur du Go Home chez leurs adversaires. Bon, je vais essayer ma fameuse technique d’agent secret pour désarmer un adversaire, histoire de voir sa réaction. Je lui sort mon énorme sourire de niais en le fixant dans les yeux. Imparable, ça vaut tout les gadget de mister Q pour mon poto James Bond. Le type ne s’y attendais pas, il perd le contrôle de sa poker face, le sourire lui fout la pression, il se lève et je fait boite au moment il tente de s’évader de la table en mode « moi j’suis serein j’me lève juste parce que j’ai fait dans mon froc et que sa colle ». Bref, il retourne son move a deux balles et montre un bô J-10, turn :J, river : J…..Et je hurle………
Je déambule un moment sur la moquette du casino, complètement sonné, un goût de sang dans la bouche, j’ai mal partout, j’ai froid. Je m’appuis sur une slot machine et réalise une des vérités de cette ville illusion. Derrière ce décors carton pâte qui broie les rêves, cette machine à Mickey pour adultes, derrière, des humains cherchent des appuis, des brèches dans la matrice auxquelles s’agripper pour freiner leur chute, des ancres inamovibles dans la descente en trombe de leurs âmes vers les limbes ostentatoires de leurs désirs déchus. Mais rien, non rien ne les retiens. A Vegas, celui qui chute est seul, personne ne le remarque, les perdants renvoient une mauvaise image de soi, de celui que l’on ne veux pas devenir, alors on passe sa route, on ferme les yeux en se disant juste que ce pauvre type n’a pas eu de chance. A Vegas, le perdant n’existe pas, il y a juste des fantômes humanoïdes errant dans les ruelles de Downtown à la recherche d’un penny, il y a juste des exjoueurs a présent croupiers, il y a juste des touristes traversant le Strip valise à la main car il ne peuvent plus se payer le taxi pour aller à l’Airport. Il y a juste cet agent secret, blacklisté par le gouvernement, méfiant de tous, épié par ses ennemis, vide, il y a juste mon reflet sur l’aluminium d’une machine à sous.
Je reste la, assis sur un tabouret devant un machine à 25cents, essayant de trouver une issue de secours. Il me reste 32$. Je pose 10$ sur une Wheel of Fortune, sur le 1 pour 1, et la roue s’arrête sur le 5. Il me reste 22$, je commande un Coca à la serveuse en jupe rose du Flamengo (je ne sais même pas comment j’ai atterri la) et lui donne 2$ de pourboire. Je sort et le soleil me sourit, c’est comme si il me disait que rien n’était fini, il illumine mon visage, et quand mes yeux fermés à son contact s’ouvrent je vois la table de poker du Bill’s, la table la moins chère de Vegas, 20$ la cave. La partie des cagoulés.
Je suis comme ivre quand je m’assied, je joue ma vie face à des gamins qui attendent que leurs parents finissent de se dépenser l’argent du loyer au Craps, face à un type borgne à qui il ne reste qu’une dent, face à un type qui veux essayer ce jeu et autres balayeurs latino qui veulent tenter la chance entre deux beers. C’est une table de flash poker, ils misent, touchent et s’en vont ou misent, perdent et s’en vont, je joue sans regarder mes cartes, une relance à gauche et on est quatre à tapis, je gagne avec mes deux paires 5-8. Une relance, je me mets à tapis, head’up, je défonce le AJ de mon adversaire avec Q-2 et un 2 au turn. J’ai une montagne de jetons blancs de 1$ devant moi en quelques heures, je suis le James Brown du flash funky poker, je suis le roi de la montagne des cagoulés. Je vais au change et on m’annonce: "good job, 408$". 408$ !! Allons fêter ça…
Je décide de profiter de ce jour, car dans quelques heures au détour d’un virage la face Mephitomaléfique de Mr Zeworms m’exécutera certainement. Oui, je me suis résigné, ils ont gagnés, ces tournois du Venitian perdus jour après jour à la bulle on été comme une torture, je suis un homme brisé, plus qu’aucune autre blessure physique cette éraflure sur mon âme m’a touché. Je me retrouve au Sapphire Gentlemen’s Club, a regarder un match de baseball sur l’écran géant suspendu entre un néon pourpre et le drap blanc ornant le mur. Mon verre de Bailey’s à moitié vide peine à faire passer le goût âpre du cigare et cette étonnante créature colombienne à mon bras, se lovant comme un chat sur ma cuisse et caressant de ses ongles mon coup fait de son mieux pour m’exciter mais rien n’y fait, je suis perdu dans mes pensées. Le temps passe et club se rempli, il doit faire nuit dehors, les filles ont défilés en vain à ma table, et d’elles il ne reste que leur parfum russe, portoricain, new-yorkais ou italien sur ma chemise, le cigare s’est éteint bague à demi consumée, je fixe le marbre du sol. La colombienne revient avec un verre :
- Toujours la, hein… Toujours pas envie du private avec moi, hein…Toujours aussi awesome, mais froid comme la glace, hein…. Dommage, pour une fois ça aurait été plaisir pour moi, Madre Dios, Que rico….
- Ce soir tu as choisis le mauvais client chica, je suis juste la parce que la clim est pas trop forte, la musique pas trop nase et l’écran HD connecté sur ESPN…
- Tonto…le gars la-bas il t’offre ce verre…, c’est un pote à toi, il a dit qu’il t’offrait le private si tu voulais…tu veux ?
- Mon ami ??
Zeworm, verre de champagne à la main me saluait du bar. Décidément ce type était comme la glue, l’odeur du souffre en plus. Il s’approchait lentement, jetant des regards pervers vers la poitrine des filles et s’assit face à moi.
- Dégage la pouff
- Oh…respecte mon amie
- Ton amie ? Je suis ton seul ami ici, ta seule famille, je suis ton buddy, ton père motherfucker, ton dieu païen, je suis tout pour toi ici !!! Je claque des doigts et ton cadavre sera enseveli quelque part dans le désert…compris, boyscout ?
- Eh…mais c’est que tu parle mal des fois…Tu veux qu’on cause de quelque chose t’as un soucis, t’es tout bouffi, c’est pas beau a voir…
- Alors le comique, on sait plus éviter les badbeats ? J’avais confiance en toi, je t’ai donné ta chance ! tu nous a laissé tombé, t’es un fucking looser
- Looser oui…funking c’est un peu too much. Alors c’est quoi la suite, si tu es la ce n’est pas pour me tuer, alors quoi…t’es tout rouge et pis c’est tout ?
- Viens on va faire un tour…
Il me saisit par la manche, laissant un rouleau de billets de 20 sur la table. Une fois dehors, on se dirigeait vers sa voiture. Je fis mine de tomber, il me reteint par le bras, je lui jetait une poignée de sable dans les yeux, un crochet au foie et un atemi derrière l’oreille gauche, et me mis a courir comme chien fou le long d’Industrial Road.
Et me voila, caché derrière une poubelle dans le noir, guettant le moindre bruit. Je me sentais mieux comme si cette montée d’adrénaline avait effacé ma déprime, j’avais encore le goût de vivre, de me battre, de remonter aux sources de cette burn notice. J’étais de retour et mon sourire avec. Je sortait de ma cachette et la tête haute marchait à la lumière des réverbères, un client sorti d’une chambre à massage, je l’assommait et prenait ses clefs. Je mis sa Cadillac en route et fuyait la ville en direction de Los Angeles.
Je reviendrais sur Vegas, cette histoire est loin d’être finie.
Burn notice, fin de la saison 1.
See you next year for the second season
BONUS (pour l'attente):
Prochain post (et j'en rigole déja): Un poker en Afrique
Burn Notice, episode 3
Intro
My name is Patrick Wild, I used to be a spy until...
We got a burn notice on you.
You're blacklisted.
When you're burned, you've got nothing.
No cash, no credit, no job history.
You're stuck in whatever city they decide to dump you in: Las Vegas
You do whatever work comes your way: Poker
You rely on anyone who's still talking to you.
Bottom line... Until you figure out who burned you, you're not going anywhere.
Episode 3
Patrick,…ça se passe bien ?
- Ca se passe….
- Bon…essayez de ne pas perdre trop de temps. Il vous reste 4 jours
- Et après quoi ? C’est quoi la suite ?
- Oh vous savez, l’épisode suivant se fait toujours attendre. Le cliffhanger est fait pour ça.
Zeworm, était assez bon en responsable de service après vente, sauf que j’étais le produit, pas le client. Un pion en quête émancipation, prisonnier d’un échiquier devenu trop étroit, un pion voulant être le joueur, ne voulant plus se heurter aux fous de cette ville, a ces tours ludiques, emplies de reines de nuits et autres rois du feutre vert. Quand on est un espion, les gens sont des pions, des ressources pour atteindre un but. C’est pour cela qu'on n'a pas de relation personnelle avec un pion. Afin que son parfum ne vous hante pas lorsqu'elle quitte la pièce ou lorsqu’il disparaît…définitivement. Mais rester amical avec un pion permet de relâcher la pression qu’on lui fait porter pour atteindre son objectif de pion, de lui desserrer les menottes tout en le gardant concentré sur l’objectif. Mr Zeworm avait été bien formé. Connaître le background de son adversaire permet d’identifier ses possibles faiblesses et j’étais sur d’une chose le concernant, nous étions jumeaux en termes d’état d’esprit, mes faiblesses étaient les siennes.
Ce second jour de tournoi me parut filer a vive allure, a peine assis et déjà les place payées se profilaient. Pas une seule action d’éclat, pas même un coup marquant, j’avais juste vivoté en dessous de la moyenne en chips durant l’après-midi me contentant de survivre. J’avais bien sur assisté au ballet des corps étrangers se jetant dans l’abîme des tirages ratés, des sets over sets et aux autres morbides coin-flip éviscérant les espoirs. Bien sur, j’avais tremblé sur la river quand mes adversaires s’étaient pris a rêver au miracle d’une dernière carte à 3%, contaminé par la folie de leur croyance, miné par les souvenirs si nombreux de ces retournements imprévus qui construisent ce jeu. Quand nous ne pouvons que regarder les cartes s’écraser sur le tapis, quand nous avons perdus toute maîtrise et que seul le hasard espiègle et cruel façonne nos destinées. Bien sur j’avais moi-même prié afin que le sort ne s’acharne pas et que seul mon talent, aussi minime soit-il, fasse la différence. Et mes prières furent entendues jusqu'à la lutte pour la bulle.
La lutte pour la bulle est un moment particulier du tournoi. Les heures passées précédemment se muent en vacuité ou en profit en cet instant suspendu, quand nous souhaitons la chute de l’autre, sans méchanceté, juste pour survivre. Les doigts crispés des short stacks sentant le souffle fétide des ante raboter leurs os cancéreux, et cet incessant balancement de la faux du croupier en métronome.
Tic-Tac, Tic-Tac, Tic, un all-in preflop pour voler les blinds avec A-9, Tac, tous le monde folde, Tic, je ramasse le pot, Tac, je suis UTG, Tic, je folde, Tac, je suis de BB, Tic, 7-4, Tac, une relance, Tic, je folde, Tac, je suis de SB, Tic, tout le monde folde, Tac je balance all-in pour voler le BB, Tic, il call, Tac, il a AQ, Tic, j’ai JJ, Tac, flop 3-5-10, Tic, turn Q, Tac, je me lève pour voir la dernière carte, Tic, river : Q, Tac, je suis la bulle.
Deuxième essai, deuxième échec aux portes des places payées, je fait un piètre héros. Dehors, la nuit tombe sur la ville, on peut déjà sentir qu’elle sera furieuse, incontrôlable. Un vendredi soir à Vegas en somme, quand les week-end gamblers atterrissent avec les touristes, accueillis au bal des vampires.

Vegas, le week-end, est la citée des vampires. Ils attendent dans la pénombre, avides, prêt a sucer votre crédulité, votre naïveté, a boire jusqu'à la dernière goutte de vos dollars. Métamorphes, ils poseront leurs lèvres chaudes sur vos jugulaires au tables de craps, sur le fauteuil d’un strip club ou au bar du
Caesar’s Pure. Et bien que prévenus, bien que prêtant attention à leur sourire aiguisé, vous succomberez sous leur nombre, sous leurs murmures charmeurs, pris dans leur ronde en ode à Méphisto. Vegas, le vendredi soir, a ce pouvoir d’attraction, aimantant nos âmes à ce qu’il y a de plus terne en elles. Et quand, enfoncé dans le siège du
Bellagio, hypnotisé par les artistes élastiques du spectacle du
O du
cirque du soleil, je me sens comme en osmose totale avec ce monde qui m’entoure, je ne sais plus si je dois porter ma main au frein ou pousser l’accélérateur du pied.
Et, c’est l’esprit perdu dans ces questions existentielles que je rencontre Angus et Zoé.
- It was awesome, dude ! Insane ! Bite me if I’m wrong…..
- O god, O…yes. It was O-we-some
- Bro…U’re killing me, sO funny
- BrO….U’re good too
Ce fut un échange guignolesque, mais porté par l’instant je me retrouvais au night-club,
Jet du
Mirage avec ce couple de britanniques entrain d’enchaîner des vokda-diet redbull (lol). Zoé, grande rousse de 23 ans aux fines gambettes se déhanchait comme une mouette prise dans un ouragan, les bras dépliés à la recherche d’un équilibre, la tête vers le plafond, les yeux fermés. Un type assez moche se colla a son postérieur. Angus un peu éméché se jeta sur le type qui bien sur n’était pas seul et on se trouva vite encerclé par trois mastodontes comme seul l’Amérique sait en produire, des mini bus humain. Dans ce type de situation, l’expérience est primordiale, il faut savoir quand attaquer, quand il faut fuir et quand il faut ne rien faire. Il faut bien comprendre que ne rien faire doit être synonyme de victoire et donc nécessite une action extérieure au conflit. Les vampires sont des gens organisés, pas de bains de sang non autorisés, et donc les mastodontes furent à leur tour entourés par de plus gros pachydermes, nommés SECURITY.

Nous laissâmes le club en direction d’une autre, le
Drais et au matin, les yeux bouffis de fatigue, je pris quelques pancakes géant dégoulinants de sirop d’érable au
Denny’s en face d’une prostituée qui boitait encore de la veille et d’un vieillard édenté couvrant de sel ses œufs brouillés. C’était ça, Vegas, le samedi matin, la ville avait la gueule de boit, les rues étaient nettoyées au karcher, balayant le sol maculé d’annonces pour massage, de flyers pour loundge club et de corps vides, piétinants comme des fantômes, le col imprégné de cyprine ou l’estomac ravagé par les abus de la veille. Je décidais de rester éveillé jusqu'au tournoi 330$ de midi au Caesar’s. Il était 7h du matin et je savais que si je me couchais, je ne me réveillerais jamais. Je pris un free bus pour le
Rio en face du
Paris.
La poker room du Rio n’est pas ma favorite, elle est placée sous une clim reliée en Antarctique, habitée par des habitués qui ont leur aises et leurs faveurs et je me fit décaver trois fois avec le meilleur jeu. Enfin, je me souviens m’être fait décaver trois fois, car à la sortie il ne me restait que 400$ en tout soit juste de quoi faire le tournoi de 12h.
La poker room du Caesar, s’améliore d’année en année, et le tournoi du samedi est un must pour le joueur de poker. A peine assis je reçu une belle paire d’As au cut-off , un joueur en middle raisa à 3,5BB, un autre doubla la relance, je suivi, l’ouvreur surrelanca à 20BB, le second fit tapis, moi aussi, l’ouvreur jeta ses cartes. Je montrait AA et mon adversaire KK, première main du tournoi ! 3-J-J, turn : 8, river : 9…sauf que quatre cartes sur les 5 étaient à carreaux et que mon adversaire avait le roi. Une main et OUT !!
Je me levais avec un grand sourire, j’allais enfin pouvoir me coucher mais alors que je franchissait le hall du casino, une main me saisit le poignet.
- Vous vous éloignez de l’objectif, Patrick
- Quoi ? mon lit n’est pas par la ?
- On vous a donné une mission
- Ecoute mon cher monsieur Zeworm, il me reste 70$. Je suis broke et je suis épuisé…
- Ok, je comprends, vous avez besoin de motivation. Voila 200$, par contre je ne vous donne plus que 24h
To be continued : 4th and last episode soon...
Burn Notice, episode 2
Intro
My name is Patrick Wild, I used to be a spy until...
We got a burn notice on you.
You're blacklisted.
When you're burned, you've got nothing.
No cash, no credit, no job history.
You're stuck in whatever city they decide to dump you in: Las Vegas
You do whatever work comes your way: Poker
You rely on anyone who's still talking to you.
Bottom line... Until you figure out who burned you, you're not going anywhere.
Episode 2
Une des premières choses que l’on apprend à un agent, c’est que la connaissance du terrain est primordiale en toute opération. Il faut donc être le premier sur le lieux de rendez vous, jauger l’espace, se préparer au pire. Je pris juste une douche et ne me couchais pas, passais au Starbuck pour prendre un Mocha et des chocolate croissants et pris le free Tram reliant le Mandalay à l’Excalibur.
Le décor Louisiane vodou opera-rock du House of Blues faisait penser à un vieux jeu d’aventure sur Amiga, Monkey Island, et le brunch avait tout des odeurs du bayou. Je m’assis avec un journal en face de la porte, dos au mur et commandais un plat cajun. Quand le serveur me l’apporta, il s’assit à mes cotés en me disant :
-Vous etes en avance
-Mr Zeworm, je présume…
-Oui, je suis le ver dans votre pomme
- Hum, si c’est un langage codé, je suis un peu rouillé, je n’ai pas dormi, j’ai…
- Joué au poker
- Ah vous me surveillez ?
- Nous sommes des gens contentieux
- Au fait c’est qui « vous » ?
- Petit curieux…parlons boulot, on vous a choisi pour une mission particulière en rapport avec vos capacités
- Qui dois-je séduire? fis-je avec mon plus beau sourire
- Rassurez vous ce n’est pas de votre humour dont je parlais, mais de jeu. Nous avons besoin que vous gagniez le tournoi de 12h00 au Venitian. On vous laisse 5 jours
-…Pourquoi ?
- Juste…gagnez !!!
D’un côté, j’étais assez soulagé, la mission aurait pu être pire (genre raser le high stakes du Bellagio). De l’autre, je savais que la structure de ce tournoi était un enfer pour les nerfs pour un frenchy habitué aux turbos, il fallait compter une dizaine d’heure avant de voir se profiler la table finale dans un océan tropical (ce qui veut dire poissons rouges mais aussi requins). Il fallait que je m’imprègne du lieu, histoire de voir ce qui m’attendait. Je descendis donc le Strip, m’arrêtant prendre des forces (un verre en plastique de 1m en forme de botte rempli de pinacolada) au RockHouse, servi par une blonde avec un tee-shirt floqué "Huge Natural Boobs" (Ah, son visage illuminé quand je lui ai dit que j’étais de Paris…mais ceci est une autre mission).
A peine entré dans le Venitian, la poker room était à ma gauche. Je pris une carte de membre du casino, ce qui me permit de repérer certains joueurs dont un groupe très ‘poker geek’ de canadiens (encore !!) et un autre frenchy. Mes yeux piquaient a peine de la nuit blanche, je m’inscrivais également.
Au bout de deux heures de jeux, mon tapis avait triplé sans que je sache comment, les types faisait des raise bidons quand j’étais de blind et se faisait défoncer par des garbages ou encore cet espagnol un peu fou de Seville qui me fit tapis sur un flop rainbow sans tirage quinte alors que j’avais brelan de 4. Je pris encore quelques jetons à un gamin ricain qui s’entêta a jouer son AK comme si il avait deux As (oui je n’ai que paire de 9 au flop mais je sais que tu n’a rien alors pourquoi tu t’acharnes ??). Bon, je le suicidais a bout portant, un coup plus tard avec ma première vrai main du tournoi JJ contre son 88.
100 joueurs en moins en cinq heures, nous étions encore une soixantaine (!!). La fatigue commença à se faire sentir. Je ne jouais quasiment plus de mains sinon pour voler un peu à chaque tour et dormais a moitié sur la table. Je ne me souviens plus de rien ensuite, j’ai repris connaissance quand nous n’étions plus que 12, mon stack avait fondu, j’étais juste en dessous de la moyenne. Je reçu JJ a nouveau et attaqua sur une table que je ne connaissait pas (car j’avais dormi) à 3BB, un type âgé se mis à tapis, je suivi, il avait AK et un K à la river me réveilla définitivement. Il ne me restait plus grand-chose. Plus que 11. Je me mis a tapis avec QJ mais ne pris que les blinds, j’attendais alors d’être UTG pour faire de même à l’aveugle mais on me changea de table. Je pu patienter encore un tour. Plus que 10. Plus qu’un sortant avant la finale. Je reçois AK et pousse tout au milieu le chipleader me call avec JJ et….rien ne me sauve (pas normal que dans l’autre sens ils touchent toujours un A ou un K !!! je dois être victime du théorème de lasticot inversé, voir un autre post de ce blog). Bref, j’étais un beau bubble boy, mais mes espérances avaient été dépassées : le tournoi était a ma portée.
Je prévoyais d’aller me coucher en type raisonnable mais un autre joueur éliminé, un cubain d’une cinquantaine d’année commença la conversation :
- Vous êtes un joueur de foot ?
- Heu…oui j’ai été ailier en poussin à l’école du village
- Oh, je pensais que vous étiez pro…
- Hum…je ne suis pas gay, désolé
- Non…non…rassurez vous. Je me tape tout ce qui bouge mais seulement les femmes. Je suis entraîneur de baseball, anyway….j’ai un problème, peut être pouvez vous m’aider ?
- ???...je vous écoute, on verra si je peux faire quelque chose
- Mon fils est…un cas désespéré. Il perd une fortune, il ne m’écoute pas, j’ai besoin de quelqu’un pour le remettre dans le droit chemin. Vous avez le même age… Il vous écoutera peut-être…je prends en charge vos frais…
- La phrase magique
…je vais voir ce que je peux faire…
Nous nous trouvâmes entrain de déambuler entre les machines a sous du
Treasure Island à la recherche de son fils. L’énergumène était attablé à la pokerroom, blind 1-3 avec un tapis d’environ 400$. Il n’avait pas l’air méchant, juste un gamin un peu paumé, genre je suis une star du poker à San Diego mais je me cagoule a Vegas. Son père me laissa, je me mis sur la liste d’attente. Le temps d’attente ne fut pas très long et le gamin avait du se recaver déjà trois fois, les types se gavaient puis se levaient. Ce fut mon tour.
- Pfff, Oooh les gars ça fait plaisir de pouvoir en-fin jouer a votre table !...j’ai vu qu’il y avait un pige’, je voulais ab-so-lu-ment m’asseoir avant qu’il soit définitivement ra-sé…Au fait moi, c’est Ben Jamaismort de New Orleans, et toi la banque c’est quoi ton nom ? Dès que j’ai fini avec toi, je pars au Fashion Mall et baptise ma nouvelle paire de Nike de ton nom de sponsor.
- T’arrives souvent à table en provoquant le perdant ? Tu t’es jamais fait casser les dents…
- OoooH, agressif…j’aime ça, quand ça frétille encore…let’s dance…Rires, around the table…Le gamin était remonté comme une pendule, perdre ok, mais que toute la table se moque de lui, ce n’était visiblement pas a son goût. Souvent les perdants s’accrochent à une table en pensant se refaire mais c’est plus leur orgueil qui les maintient debout ou cette spirale enivrante de sensation qui touche quand on perd gros, cette sensation cumulée de vide, d’envies, de rage, de folie, de désespoir et d’abandon. Parfois certains joueurs perdent pour se sentir en vie, car a force de se vouloir être des robots, plus que la victoire parfois c’est l’humain en eux qu’ils recherchent (Mouais…psychologie à deux balles mais c’est pour étoffer le récit, lol). Bref, pour raviver la conscience d’un joueur en chute libre, il faut parfois juste lui dire qu’on va l’aider à tomber plus vite, en général on lui coupe son plaisir masochiste et il se reprend.
Je perdais quelques caves face a lui histoire de lui redonner confiance et un peu de pétrole pour la suite (c’est papa qui paye). Quand il se leva, les autres joueurs le respectaient un peu plus et surtout n’avaient pas passés la bonne soirée prévue. Il me jeta un jeton de 1$ en disant que c’était pour mes Nike, il avait l’air fier. Mon sourire fut la seule réponse.

Le lendemain, 12h 30, pokerroom du
Venitian. Le cubain, vint me voir table
13 siège
7 et me glissa quelques billets que je refusais.
- Non, merci. Votre fils vous a coûté assez cher comme ça…
- Magnanime ou condescendant ?
- Juste un type qui rends des services
Nous fûmes interrompus par mon téléphone. C’était Mr Zeworm qui me rappelait mes échéances. Comme quoi, cette histoire était loin d’être finie.
To be continued…
Burn Notice, episode 1

Le vol de 11h20 vers Cleveland est moitié plein, j’ai une pleine rangée pour moi tout seul et je m’étale franchement. Au menu, deux films de Jack Black et les quatre premiers épisodes de la seconde saison de Burn Notice sur ma PSP. Je somnole légèrement et ça y est je suis dans la peau du héros, je suis le nouveau Michael Western, Patrick Wild. Accrochez vous, c’est parti…
Le boulot était simple, transporter un colis vers un client, mais si on avait fait appel a moi c’est que la mission était un minimum plus, hum, gourmande en ressources spécialisée. Consigne habituelles, ne pas poser de question, ne pas ouvrir le colis…mais on ne se refait pas, je suis curieux de nature et cette curiosité m’a bien souvent tiré d’affaire. Et attendant le client Gate C23 de l’airport de Cleveland, l’idée d’ouvrir la boite me démangeais autant que le café imbuvable, eau noirâtre et amère. Le client avait une bonne heure de retard, et la boite me fixait toujours des yeux ou le contraire et j’allais céder au désir quand une main se posa sur mon épaule.
Le type avait l’air assez sympa pour être responsable de torture dans les bureaux qu’inquisition pakistanais (les meilleurs du monde), pas vraiment de doutes c’était mon contact (oui, je traite toujours avec des types qui ont des gueules patibulaires). Il s’assit en face de moi, me tendit une enveloppe avec un sourire inattendu et dégrafa nerveusement le papier Kraft autour de la boite. La boite ouverte, il me fixa les commissures figées en Joker, et la retourna afin que je puisse voir l’intérieur, elle était vide.
_ Okay, il doit y avoir une explication
_ Oui, vous avez un gros problème, fit-il en reprenant l’enveloppe
_ Je passe un coup de fil à mon agence et je vois ce qu’on peut faire….Je pris le téléphone et appelait le boss.
_ Sorry Patrick, you got a burn notice on you.
Ok, la bonne nouvelle c’est que la boite vide c’était normal, la mauvaise c’est qu’il vient de m’arriver le pire pour un agent du gouvernement, je n’existe plus, persona non grata pour les autorités, plus d’accès à mes comptes bancaires et un client pakistanais assez impatient.
Le plus important pour un agent est de garder son calme et son sourire dans toutes les situations, et surtout toujours avoir un plan B. La, il me manque le plan B…
_ Vous allez rire, mon patron est en vacances, la secrétaire est une intérimaire et mon agent de liaison à la grippe…si on remettait ça à la semaine prochaine ?
J’avais à peine le temps de finir ma phrase qu’un coup me heurta la tête….
Je me réveillais dans la chambre d’un hôtel, un soleil infernal éclairant mon visage tuméfié. Arggghh, un peu de mal à me mettre debout, je doit avoir une cote fêlée. P’tain mais ou je suis ? Je regarde par la fenêtre et je vois: Le MGM et le NewYork². Ok, c’est sur, je suis mort et je suis en enfer. Un mot sur l’écran tele avec un billet de 100$ : What’s happens in Vegas Stays in Vegas…just stay. Au moins celui qui m’a laissé la partage mon sens de l’humour, un hôtel au beau milieu du royaume d’Hadès et un unique billet de 100$. Va falloir faire avec, j’ai deux nécessité, trouver du cash et trouver celui qui m’a collé cette Burn Notice et ses raisons.
Commençons par le cash…Vegas, Vegas, si il a bien un endroit sur terre ou on peut faire fortune avec 100$ c’est ici et je ne connais qu’un seul jeu…Alors allons chercher la poker room la plus proche
Je sort du décor carton pâte de l’hôtel Excalibur (oui, le Mirage aurait été de trop niveau humour) et descends le LV Blvd. Je n’ai qu’une cave devant moi, il va falloir ne pas se tromper dans le choix de la table; je cherche des pigeons pas des grinders locaux. La tentation classique du joueur qui arrive a Vegas est de se lancer au Bellagio, au Ceasar, au Mirage ou au Venitian pour avoir des sensations, mais je ne suis pas la pour faire du tourisme ; il me faut des types qui débarquent, avec des cernes sous les yeux, un peu bourrés, qui jouent dans le casino en dessous de leur chambre après une nuit passée au Rhino. Je rode autour des tables du Planet Hollywood puis m’assied enfin.
Ok, jouons le parfait têtard qui vient d’atterrir. Hello guyzzzz, whatssssup, Ooooh I guess someone gonna be lucky tonite. Ca y est j’ai accroché les deux gars à ma gauche, on va faire copain copain, ils sont canadiens. J’raconte ma vie, Ouais, j’suis Pat j’ai une entreprise qui fabrique des pinces à linges et des cintres à HongKong que je vends en Europe, comment est le marché au Canada, ah ouais fô que j’y pense au Canada, Ah oui vous étiez au Seamless c’est le tittybar le-gen- (wait for it) –dary, vous etes dans l’édition à Toronto c'est cool, etc. Ca y est, j’suis leur pote maintenant, et je me suis couché en payant les blinds pendant deux tours, il est temps de leur prendre leur oseille en souriant. Le principe du truc est simple, vous avez un nouveau buddy supacool de Paris qui n’a pas besoin d’argent et qui est la pour le fun, vous n’allez quand même pas être méchant avec lui et lui prendre son cash !! Par contre si il est chanceux et qu’il vous dépouille en rigolant avec vous c’est cool, vous aurez passé un bon moment….Ah, j’adore Vegas, ce genre d’arnaque ça ne marche que là-bas. Deux heures plus tard et des doubles paires chanceuses en pagailles arrosées de Redbull Vodka, j’ai 700 devant moi et j’offre des tournées à 10$ à mes potes canadiens pour les consoler. Il est temps de partir : Oooh les gars, j’ai la tête qui tourne, j’supporte plus le décalage horaire faut qu’j’aille me coucher, on se voit demain, ah vous partez, dommage…
Je sors du PH et monte au Tacos Quick entre le M&M’s store et le Adidas Factory, j’prends un menu dont je me souviendrais pendant plusieurs jours (a ce propos une petite astuce, si les toilettes sont dans la même pièce que la douche, hum, douchez vous avant de condamner la pièce). Je récupère un journal de poker qui indique les tournois de la semaine et décide de jouer celui du Venitian le lendemain midi. D’ici la je doit en apprendre plus sur celui qui ma collé cette burn notice. Je retourne à l’Excalibur et glane deux infos à la réception, la chambre a été réglée par un certain Damian Chicken et j’ai une reçu un appel d’un certain Christopher Zeworm qui doit rappeler. Je google leur noms sans réussite, le nom de Christopher n’apparaissant que sur une pétition contre les river gagnantes des gars qui ont 3 outs sur Pokerstars.
Je file au Louxor pour jeter un œil à la poker-room, et alors que je suis inscrit sur la liste d’attente, je me retrouve attablé au Texas Holdem Bonus (le jeu des couillons…mais je le kiffe trop) et me déleste d’un billet. Bah, on peux pas gagner à tous les coups, je glisse sur la moquette jusqu’à la boite de nuit du casino, le LAX. Un gros son lourd fait danser les blondes sur-poumonées et éméchées et lorsque le DJ lance Akon et son refrain ‘I wanna fuck you, you already now, lalala’, une fille qui tient à peine debout chante en me montrant du doigt. J’ai un peu l’impression d’être dans un screenplay à la Spike Lee, vous savez quand le type est immobile et que le décors bouge en reculant ce qui donne l’impression que le type avance, d’ailleurs à la scène suivante je suis attablé à la pokerroom.
Blinds 1-2, 4 gars bourrés, 2 types qui sortent d’un DVD du WPT et une fille avec un tapis énorme. La fille est a ranger du coté ultra-serrure, même pas la peine de la voir jouer, les jetons sont rangés par couleurs en pile de 20, les rayures sur le cotés bien alignées, le tout en forme de pyramide, bref un esprit bien ordonné, bien carré, pas de fantaisie. Les World Poker Totos, sont fidèles a eux-mêmes, un pull Full Tilt pour l’un, une casquette Bodog life pour l’autre; bah, il vont essayer des trucs techniques genre bluff en triple bet, mais ils vont vite apprendre qu’on est pas chez mémé. Les gars bourrés sont donc les plus dangereux, et je ne me trompe pas quand sur le premier tour d’observation je vois la badbeat party orchestrée qui fait tilter un des WPT boy. Ok, c’est donc lui la cible, il crois que le sort s’acharne contre lui (et il a raison) mais son orgueil lui dit qu’il ne peux pas perdre a cette table bas niveau, sur le long terme c’est lui la star. Il n’a pas tord, mais des fois le court terme peux faire mal et je vais appuyer sur la plaie.
Je dors depuis presque 20mn, il est temps de faire des horreurs. Je regarde ma main UTG et trouve 9-8. Over raise à la parisienne à 24 (sur les blinds 1-2), un des bourrés call et le WPT guy call au bouton. Flop 8-K-2, overbet à la Parisienne pour moi à 106 (il me reste 70), le bourré fold, le bouton call en hésitant…on est tous les deux commited, je ne vois pas comment il caller ici avec le K il a forcement un truc genre AQ et pense que je vole le pot, turn: 8, check classique pour moi, il fait de même…river :J…check chez moi, il regarde mon tapis et annonce « I put you all-in », je lui réponds « Baaaaad move » en poussant mes jetons, il montre AJ, pfff t’es vraiment en tilt mon gars. Il rebuy à 200.
Je refais le même bet à 24 avec Q-10 le coup d’après, on est en face à face, flop 4-5-10, je balance presque son tapis en bet pour voir sa réaction: 160, il retire sa casquette, la mords et balance tous ses jetons au milieu, je call les 26 de plus, turn: A, river: A….il montre 99…bah, j’ai l’impression de me voir en lui certains jours, je décide de me lever car franchement j’ai déjà trop souvent été a sa place.
De retour à ma chambre, j’ai un mot de Zeworm, rendez vous au petit dej' au House of Blues du Mandalay Bay à 10h. Il est 7h, la nuit va être courte
La suite Burn Notice, Episode 2