mardi, octobre 21, 2008

Burn Notice, episode 3

Intro
My name is Patrick Wild, I used to be a spy until...
We got a burn notice on you.
You're blacklisted.

When you're burned, you've got nothing.
No cash, no credit, no job history.
You're stuck in whatever city they decide to dump you in:
Las Vegas
You do whatever work comes your way:
Poker
You rely on anyone who's still talking to you.

Bottom line... Until you figure out who burned you, you're not going anywhere.


Episode 3

Patrick,…ça se passe bien ?
- Ca se passe….
- Bon…essayez de ne pas perdre trop de temps. Il vous reste 4 jours
- Et après quoi ? C’est quoi la suite ?
- Oh vous savez, l’épisode suivant se fait toujours attendre. Le cliffhanger est fait pour ça.

Zeworm, était assez bon en responsable de service après vente, sauf que j’étais le produit, pas le client. Un pion en quête émancipation, prisonnier d’un échiquier devenu trop étroit, un pion voulant être le joueur, ne voulant plus se heurter aux fous de cette ville, a ces tours ludiques, emplies de reines de nuits et autres rois du feutre vert. Quand on est un espion, les gens sont des pions, des ressources pour atteindre un but. C’est pour cela qu'on n'a pas de relation personnelle avec un pion. Afin que son parfum ne vous hante pas lorsqu'elle quitte la pièce ou lorsqu’il disparaît…définitivement. Mais rester amical avec un pion permet de relâcher la pression qu’on lui fait porter pour atteindre son objectif de pion, de lui desserrer les menottes tout en le gardant concentré sur l’objectif. Mr Zeworm avait été bien formé. Connaître le background de son adversaire permet d’identifier ses possibles faiblesses et j’étais sur d’une chose le concernant, nous étions jumeaux en termes d’état d’esprit, mes faiblesses étaient les siennes.

Ce second jour de tournoi me parut filer a vive allure, a peine assis et déjà les place payées se profilaient. Pas une seule action d’éclat, pas même un coup marquant, j’avais juste vivoté en dessous de la moyenne en chips durant l’après-midi me contentant de survivre. J’avais bien sur assisté au ballet des corps étrangers se jetant dans l’abîme des tirages ratés, des sets over sets et aux autres morbides coin-flip éviscérant les espoirs. Bien sur, j’avais tremblé sur la river quand mes adversaires s’étaient pris a rêver au miracle d’une dernière carte à 3%, contaminé par la folie de leur croyance, miné par les souvenirs si nombreux de ces retournements imprévus qui construisent ce jeu. Quand nous ne pouvons que regarder les cartes s’écraser sur le tapis, quand nous avons perdus toute maîtrise et que seul le hasard espiègle et cruel façonne nos destinées. Bien sur j’avais moi-même prié afin que le sort ne s’acharne pas et que seul mon talent, aussi minime soit-il, fasse la différence. Et mes prières furent entendues jusqu'à la lutte pour la bulle.

La lutte pour la bulle est un moment particulier du tournoi. Les heures passées précédemment se muent en vacuité ou en profit en cet instant suspendu, quand nous souhaitons la chute de l’autre, sans méchanceté, juste pour survivre. Les doigts crispés des short stacks sentant le souffle fétide des ante raboter leurs os cancéreux, et cet incessant balancement de la faux du croupier en métronome.

Tic-Tac, Tic-Tac, Tic, un all-in preflop pour voler les blinds avec A-9, Tac, tous le monde folde, Tic, je ramasse le pot, Tac, je suis UTG, Tic, je folde, Tac, je suis de BB, Tic, 7-4, Tac, une relance, Tic, je folde, Tac, je suis de SB, Tic, tout le monde folde, Tac je balance all-in pour voler le BB, Tic, il call, Tac, il a AQ, Tic, j’ai JJ, Tac, flop 3-5-10, Tic, turn Q, Tac, je me lève pour voir la dernière carte, Tic, river : Q, Tac, je suis la bulle.

Deuxième essai, deuxième échec aux portes des places payées, je fait un piètre héros. Dehors, la nuit tombe sur la ville, on peut déjà sentir qu’elle sera furieuse, incontrôlable. Un vendredi soir à Vegas en somme, quand les week-end gamblers atterrissent avec les touristes, accueillis au bal des vampires.
Vegas, le week-end, est la citée des vampires. Ils attendent dans la pénombre, avides, prêt a sucer votre crédulité, votre naïveté, a boire jusqu'à la dernière goutte de vos dollars. Métamorphes, ils poseront leurs lèvres chaudes sur vos jugulaires au tables de craps, sur le fauteuil d’un strip club ou au bar du Caesar’s Pure. Et bien que prévenus, bien que prêtant attention à leur sourire aiguisé, vous succomberez sous leur nombre, sous leurs murmures charmeurs, pris dans leur ronde en ode à Méphisto. Vegas, le vendredi soir, a ce pouvoir d’attraction, aimantant nos âmes à ce qu’il y a de plus terne en elles. Et quand, enfoncé dans le siège du Bellagio, hypnotisé par les artistes élastiques du spectacle du O du cirque du soleil, je me sens comme en osmose totale avec ce monde qui m’entoure, je ne sais plus si je dois porter ma main au frein ou pousser l’accélérateur du pied.
Et, c’est l’esprit perdu dans ces questions existentielles que je rencontre Angus et Zoé.

- It was awesome, dude ! Insane ! Bite me if I’m wrong…..
- O god, O…yes. It was O-we-some
- Bro…U’re killing me, sO funny
- BrO….U’re good too
Ce fut un échange guignolesque, mais porté par l’instant je me retrouvais au night-club, Jet du Mirage avec ce couple de britanniques entrain d’enchaîner des vokda-diet redbull (lol). Zoé, grande rousse de 23 ans aux fines gambettes se déhanchait comme une mouette prise dans un ouragan, les bras dépliés à la recherche d’un équilibre, la tête vers le plafond, les yeux fermés. Un type assez moche se colla a son postérieur. Angus un peu éméché se jeta sur le type qui bien sur n’était pas seul et on se trouva vite encerclé par trois mastodontes comme seul l’Amérique sait en produire, des mini bus humain. Dans ce type de situation, l’expérience est primordiale, il faut savoir quand attaquer, quand il faut fuir et quand il faut ne rien faire. Il faut bien comprendre que ne rien faire doit être synonyme de victoire et donc nécessite une action extérieure au conflit. Les vampires sont des gens organisés, pas de bains de sang non autorisés, et donc les mastodontes furent à leur tour entourés par de plus gros pachydermes, nommés SECURITY.
Nous laissâmes le club en direction d’une autre, le Drais et au matin, les yeux bouffis de fatigue, je pris quelques pancakes géant dégoulinants de sirop d’érable au Denny’s en face d’une prostituée qui boitait encore de la veille et d’un vieillard édenté couvrant de sel ses œufs brouillés. C’était ça, Vegas, le samedi matin, la ville avait la gueule de boit, les rues étaient nettoyées au karcher, balayant le sol maculé d’annonces pour massage, de flyers pour loundge club et de corps vides, piétinants comme des fantômes, le col imprégné de cyprine ou l’estomac ravagé par les abus de la veille. Je décidais de rester éveillé jusqu'au tournoi 330$ de midi au Caesar’s. Il était 7h du matin et je savais que si je me couchais, je ne me réveillerais jamais. Je pris un free bus pour le Rio en face du Paris.

La poker room du Rio n’est pas ma favorite, elle est placée sous une clim reliée en Antarctique, habitée par des habitués qui ont leur aises et leurs faveurs et je me fit décaver trois fois avec le meilleur jeu. Enfin, je me souviens m’être fait décaver trois fois, car à la sortie il ne me restait que 400$ en tout soit juste de quoi faire le tournoi de 12h.
La poker room du Caesar, s’améliore d’année en année, et le tournoi du samedi est un must pour le joueur de poker. A peine assis je reçu une belle paire d’As au cut-off , un joueur en middle raisa à 3,5BB, un autre doubla la relance, je suivi, l’ouvreur surrelanca à 20BB, le second fit tapis, moi aussi, l’ouvreur jeta ses cartes. Je montrait AA et mon adversaire KK, première main du tournoi ! 3-J-J, turn : 8, river : 9…sauf que quatre cartes sur les 5 étaient à carreaux et que mon adversaire avait le roi. Une main et OUT !!
Je me levais avec un grand sourire, j’allais enfin pouvoir me coucher mais alors que je franchissait le hall du casino, une main me saisit le poignet.
- Vous vous éloignez de l’objectif, Patrick
- Quoi ? mon lit n’est pas par la ?
- On vous a donné une mission
- Ecoute mon cher monsieur Zeworm, il me reste 70$. Je suis broke et je suis épuisé…
- Ok, je comprends, vous avez besoin de motivation. Voila 200$, par contre je ne vous donne plus que 24h

To be continued : 4th and last episode soon...

2 Comments:

At 22:30, Anonymous lasticot said...

t'es un malade :)))

 
At 08:48, Blogger benjamin"neverdead" lambert said...

un tres grand malade mais t le meilleur lolll

 

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