jeudi, août 28, 2008

Burn Notice, episode 1


Le vol de 11h20 vers Cleveland est moitié plein, j’ai une pleine rangée pour moi tout seul et je m’étale franchement. Au menu, deux films de Jack Black et les quatre premiers épisodes de la seconde saison de Burn Notice sur ma PSP. Je somnole légèrement et ça y est je suis dans la peau du héros, je suis le nouveau Michael Western, Patrick Wild. Accrochez vous, c’est parti…

Le boulot était simple, transporter un colis vers un client, mais si on avait fait appel a moi c’est que la mission était un minimum plus, hum, gourmande en ressources spécialisée. Consigne habituelles, ne pas poser de question, ne pas ouvrir le colis…mais on ne se refait pas, je suis curieux de nature et cette curiosité m’a bien souvent tiré d’affaire. Et attendant le client Gate C23 de l’airport de Cleveland, l’idée d’ouvrir la boite me démangeais autant que le café imbuvable, eau noirâtre et amère. Le client avait une bonne heure de retard, et la boite me fixait toujours des yeux ou le contraire et j’allais céder au désir quand une main se posa sur mon épaule.
Le type avait l’air assez sympa pour être responsable de torture dans les bureaux qu’inquisition pakistanais (les meilleurs du monde), pas vraiment de doutes c’était mon contact (oui, je traite toujours avec des types qui ont des gueules patibulaires). Il s’assit en face de moi, me tendit une enveloppe avec un sourire inattendu et dégrafa nerveusement le papier Kraft autour de la boite. La boite ouverte, il me fixa les commissures figées en Joker, et la retourna afin que je puisse voir l’intérieur, elle était vide.
_ Okay, il doit y avoir une explication
_ Oui, vous avez un gros problème, fit-il en reprenant l’enveloppe
_ Je passe un coup de fil à mon agence et je vois ce qu’on peut faire….Je pris le téléphone et appelait le boss.
_ Sorry Patrick, you got a burn notice on you.
Ok, la bonne nouvelle c’est que la boite vide c’était normal, la mauvaise c’est qu’il vient de m’arriver le pire pour un agent du gouvernement, je n’existe plus, persona non grata pour les autorités, plus d’accès à mes comptes bancaires et un client pakistanais assez impatient.
Le plus important pour un agent est de garder son calme et son sourire dans toutes les situations, et surtout toujours avoir un plan B. La, il me manque le plan B…
_ Vous allez rire, mon patron est en vacances, la secrétaire est une intérimaire et mon agent de liaison à la grippe…si on remettait ça à la semaine prochaine ?
J’avais à peine le temps de finir ma phrase qu’un coup me heurta la tête….

Je me réveillais dans la chambre d’un hôtel, un soleil infernal éclairant mon visage tuméfié. Arggghh, un peu de mal à me mettre debout, je doit avoir une cote fêlée. P’tain mais ou je suis ? Je regarde par la fenêtre et je vois: Le MGM et le NewYork². Ok, c’est sur, je suis mort et je suis en enfer. Un mot sur l’écran tele avec un billet de 100$ : What’s happens in Vegas Stays in Vegas…just stay. Au moins celui qui m’a laissé la partage mon sens de l’humour, un hôtel au beau milieu du royaume d’Hadès et un unique billet de 100$. Va falloir faire avec, j’ai deux nécessité, trouver du cash et trouver celui qui m’a collé cette Burn Notice et ses raisons.

Commençons par le cash…Vegas, Vegas, si il a bien un endroit sur terre ou on peut faire fortune avec 100$ c’est ici et je ne connais qu’un seul jeu…Alors allons chercher la poker room la plus proche

Je sort du décor carton pâte de l’hôtel Excalibur (oui, le Mirage aurait été de trop niveau humour) et descends le LV Blvd. Je n’ai qu’une cave devant moi, il va falloir ne pas se tromper dans le choix de la table; je cherche des pigeons pas des grinders locaux. La tentation classique du joueur qui arrive a Vegas est de se lancer au Bellagio, au Ceasar, au Mirage ou au Venitian pour avoir des sensations, mais je ne suis pas la pour faire du tourisme ; il me faut des types qui débarquent, avec des cernes sous les yeux, un peu bourrés, qui jouent dans le casino en dessous de leur chambre après une nuit passée au Rhino. Je rode autour des tables du Planet Hollywood puis m’assied enfin.
Ok, jouons le parfait têtard qui vient d’atterrir. Hello guyzzzz, whatssssup, Ooooh I guess someone gonna be lucky tonite. Ca y est j’ai accroché les deux gars à ma gauche, on va faire copain copain, ils sont canadiens. J’raconte ma vie, Ouais, j’suis Pat j’ai une entreprise qui fabrique des pinces à linges et des cintres à HongKong que je vends en Europe, comment est le marché au Canada, ah ouais fô que j’y pense au Canada, Ah oui vous étiez au Seamless c’est le tittybar le-gen- (wait for it) –dary, vous etes dans l’édition à Toronto c'est cool, etc. Ca y est, j’suis leur pote maintenant, et je me suis couché en payant les blinds pendant deux tours, il est temps de leur prendre leur oseille en souriant. Le principe du truc est simple, vous avez un nouveau buddy supacool de Paris qui n’a pas besoin d’argent et qui est la pour le fun, vous n’allez quand même pas être méchant avec lui et lui prendre son cash !! Par contre si il est chanceux et qu’il vous dépouille en rigolant avec vous c’est cool, vous aurez passé un bon moment….Ah, j’adore Vegas, ce genre d’arnaque ça ne marche que là-bas. Deux heures plus tard et des doubles paires chanceuses en pagailles arrosées de Redbull Vodka, j’ai 700 devant moi et j’offre des tournées à 10$ à mes potes canadiens pour les consoler. Il est temps de partir : Oooh les gars, j’ai la tête qui tourne, j’supporte plus le décalage horaire faut qu’j’aille me coucher, on se voit demain, ah vous partez, dommage…

Je sors du PH et monte au Tacos Quick entre le M&M’s store et le Adidas Factory, j’prends un menu dont je me souviendrais pendant plusieurs jours (a ce propos une petite astuce, si les toilettes sont dans la même pièce que la douche, hum, douchez vous avant de condamner la pièce). Je récupère un journal de poker qui indique les tournois de la semaine et décide de jouer celui du Venitian le lendemain midi. D’ici la je doit en apprendre plus sur celui qui ma collé cette burn notice. Je retourne à l’Excalibur et glane deux infos à la réception, la chambre a été réglée par un certain Damian Chicken et j’ai une reçu un appel d’un certain Christopher Zeworm qui doit rappeler. Je google leur noms sans réussite, le nom de Christopher n’apparaissant que sur une pétition contre les river gagnantes des gars qui ont 3 outs sur Pokerstars.


Je file au Louxor pour jeter un œil à la poker-room, et alors que je suis inscrit sur la liste d’attente, je me retrouve attablé au Texas Holdem Bonus (le jeu des couillons…mais je le kiffe trop) et me déleste d’un billet. Bah, on peux pas gagner à tous les coups, je glisse sur la moquette jusqu’à la boite de nuit du casino, le LAX. Un gros son lourd fait danser les blondes sur-poumonées et éméchées et lorsque le DJ lance Akon et son refrain ‘I wanna fuck you, you already now, lalala’, une fille qui tient à peine debout chante en me montrant du doigt. J’ai un peu l’impression d’être dans un screenplay à la Spike Lee, vous savez quand le type est immobile et que le décors bouge en reculant ce qui donne l’impression que le type avance, d’ailleurs à la scène suivante je suis attablé à la pokerroom.

Blinds 1-2, 4 gars bourrés, 2 types qui sortent d’un DVD du WPT et une fille avec un tapis énorme. La fille est a ranger du coté ultra-serrure, même pas la peine de la voir jouer, les jetons sont rangés par couleurs en pile de 20, les rayures sur le cotés bien alignées, le tout en forme de pyramide, bref un esprit bien ordonné, bien carré, pas de fantaisie. Les World Poker Totos, sont fidèles a eux-mêmes, un pull Full Tilt pour l’un, une casquette Bodog life pour l’autre; bah, il vont essayer des trucs techniques genre bluff en triple bet, mais ils vont vite apprendre qu’on est pas chez mémé. Les gars bourrés sont donc les plus dangereux, et je ne me trompe pas quand sur le premier tour d’observation je vois la badbeat party orchestrée qui fait tilter un des WPT boy. Ok, c’est donc lui la cible, il crois que le sort s’acharne contre lui (et il a raison) mais son orgueil lui dit qu’il ne peux pas perdre a cette table bas niveau, sur le long terme c’est lui la star. Il n’a pas tord, mais des fois le court terme peux faire mal et je vais appuyer sur la plaie.

Je dors depuis presque 20mn, il est temps de faire des horreurs. Je regarde ma main UTG et trouve 9-8. Over raise à la parisienne à 24 (sur les blinds 1-2), un des bourrés call et le WPT guy call au bouton. Flop 8-K-2, overbet à la Parisienne pour moi à 106 (il me reste 70), le bourré fold, le bouton call en hésitant…on est tous les deux commited, je ne vois pas comment il caller ici avec le K il a forcement un truc genre AQ et pense que je vole le pot, turn: 8, check classique pour moi, il fait de même…river :J…check chez moi, il regarde mon tapis et annonce « I put you all-in », je lui réponds « Baaaaad move » en poussant mes jetons, il montre AJ, pfff t’es vraiment en tilt mon gars. Il rebuy à 200.

Je refais le même bet à 24 avec Q-10 le coup d’après, on est en face à face, flop 4-5-10, je balance presque son tapis en bet pour voir sa réaction: 160, il retire sa casquette, la mords et balance tous ses jetons au milieu, je call les 26 de plus, turn: A, river: A….il montre 99…bah, j’ai l’impression de me voir en lui certains jours, je décide de me lever car franchement j’ai déjà trop souvent été a sa place.

De retour à ma chambre, j’ai un mot de Zeworm, rendez vous au petit dej' au House of Blues du Mandalay Bay à 10h. Il est 7h, la nuit va être courte

La suite Burn Notice, Episode 2

4 Comments:

At 14:25, Anonymous lasticot said...

pas mal espèce de fou furieux psychopathe :))

je vois que tu t'es bien régalé à vegas espèce de bougre...

++

Lasticot

 
At 22:01, Anonymous Anonyme said...

pat t es sur paris histoire de de potter en live un peu?
il pollo

 
At 04:17, Blogger benjamin"neverdead" lambert said...

trop fort burn notice c ma serie preferee !!!!!!!!!!
ah tes post quel delice

 
At 23:03, Anonymous Anonyme said...

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